Tatà aussi c'est une loutre unijambiste alcoolique. ♥
 

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 La fôret de lettres de RedBerries

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RedBerries

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Féminin Messages : 27
Date d'inscription : 31/03/2014

MessageSujet: La fôret de lettres de RedBerries   Sam 13 Sep - 19:44

Bonjour chers Drawnoides,
Comme il s'avère que je met de l'ordre dans mon antre ma chambre je suis retombée sur la version papier d'une nouvelle. C'est très étrange pour moi de la publier. C'est plus pour la partager car je ne la retoucherais pas. C'est l'image de ma première littéraire. Mais évidement votre avis m'intéresse.
Je l'ai écrite dans le cadre d'un concours sujet libre. Je me suis imposée le thème de la Liberté. C'est une des rares histoires que j'ai réellement terminé. J'arrête de blablater.
Bonne lecture.



Fabulation


Entre rêve et réalité, y a-t-il la liberté ?

Ce matin-là, elle s’était levée en se disant que cela ne pouvait durer. Elle regardait les griffures sur ses jambes sans comprendre. Elle se leva finalement. La banalité de l'action ne nécessitait pas la présence de son esprit encore endormi. Se lever, se laver, s'habiller, manger, se déplacer, se coucher. Toutes ces actions étaient si ordinaires qu’aucune ne pouvait solliciter entièrement son attention ni celle de quiconque. Se lever. Se recoucher. Recommencer encore. Et ne pas comprendre.
De petites bulles se formaient ici et là. Et l’eau frétilla sur le métal chaud de la casserole lorsqu’elle la versa dans sa tasse. Sa mère n’était pas encore rentrée du travail. Son père était déjà parti. Elle  était seule ce matin chez elle. Comme tous les matins. Même les dimanches. Personne ne se levait le septième jour. Elle finit de se préparer et partit à vélo. Il est possible que ses parents demandent au ramassage scolaire de la prendre cet hiver. Les hivers sont durs ici. Et désormais ils travaillent tous les deux. Plus personne pour s’occuper d’elle le matin. Ni le soir d’ailleurs.
La maison est vide. Sur les plis de ses draps est imprimé encore un voile de sommeil et d’incompréhension. Quelques feuilles mêlées d’épines s’y attardent encore.
Se libérer, voilà ce qu’elle veut. Une fille la rattrape. On pourrait croire qu’il y a un lien de parenté entre elles deux. Mais il n’en est rien. Elles ne se connaissent que depuis peu. La seconde est arrivée il y a à peine deux mois. Au début elle était agaçante, irritante, désagréable. Toujours à deviner les choses les plus secrètes, les plus intimes. Au début toujours, elle croyait que l’autre partirait pour la rentrée, qu’elle n’était là que pour les vacances. Mais non l’autre est toujours là, et elle l’accompagne au collège. Maintenant elle ne peut plus imaginer qu’elle parte. Qu’elle soit là, sans l’autre. Elle ne parle plus beaucoup à ses copines de l’année passée. Elle trouve leurs conversations futiles. Elle ne les comprend plus. Alors au collège, elles  restent ensemble avec l’autre. Elles n’ont pas réellement besoin de se parler. Il y a comme une distance fusionnelle entre elles. Elle ne sait pas où elle habite. Mais cela n’a pas d’importance puisque l’autre vient toujours à elle.
Le vent est froid et souffle fort. Mais ce n’est pas pour ça qu’elle rougit. Cette nuit elle a encore rêvé d’elle. Dans son rêve tout était semblable à la réalité. Elle venait d’aller se coucher. Il y avait un grand silence dans la maison.  Et puis se fut comme si elle avait somnolé et quand rouvrant les yeux l’autre s’était tenue face à elle. Dans une robe de nuit blanche trop courte. Elle lui avait fait signe de ne pas faire de bruit puis avait disparu. Alors sans même prendre le temps de mettre des chaussures, elle était sortie de sa chambre. Elle avait fermé la porte sans bruit. De peur de réveiller son père peut-être. Réveiller son père ? Alors qu’elle est juste à l’intérieur d’un rêve ? Elle avait descendu l’escalier en se tenant le plus près du mur pour ne pas faire craquer le bois. Elle était sortie dans la nuit fraîche de fin septembre. La maison est isolée. Il y a un seul lampadaire qui éclaire le court chemin qui relie l’habitation et une sinueuse route. Elle distinguait l’autre près de la route hors de la lumière. Derrière chez elle il y a de grands champs où parfois paissent des moutons et d’autres où pousse du blé. Mais tout cela n’est qu’herbe folle à ses yeux. Car en face il y a la forêt.
La forêt c’est le pays des rêves. On touche bien du bois pour s’attirer la chance. Et cela  en souvenir des divinités qui dormaient en leur sein.  La forêt c’est le terrain de jeu des contes et des légendes. Elle est peuplée de créatures fantastiques : de princesses, de sorcières et de fées ou bien de chevaliers maudits  ou héros à venir.  Elle est mère de tout un petit peuple qui s’y cache ou s’y exhibe. Elle protège ceux qui cherchent un refuge. Mais elle est aussi cruelle et  terrifiante. Elle enferme ceux qui veulent fuir, elle étouffe ceux qui veulent respirer. Elle est reine capricieuse et absolue.
Le vent était vif. Le bitume était humide, et par l’intermédiaire de ses pieds elle entrait en contact avec le froid. Le rêve n’avait plus rien de réaliste. Deux filles face à face en pyjama sans chaussure, la nuit en septembre, sur une route humide faiblement éclairée par un lampadaire à quelque pas de là. Sans un mot l’autre partit en courant dans la forêt. Et elle était seule. Tout devint alors lugubre, inquiétant. Elle se mit elle aussi à courir. Elle courait, elle courait, ses pieds se blessaient sur les branches. Elle était rentrée dans la forêt. Plus rien n’avait de sens d’ailleurs il n’y en a jamais eu. Elle s’arrêta, le souffle court. Elle ne voyait rien. Tout était noir. Elle s’allongea et ferma les yeux. Elle eut peur. Elle les rouvrit, et attendit de s’habituer à la noirceur. Les formes des arbres se précisaient. Elle avait l’impression d’être sur une table d’opération, entourée d’immenses chirurgiens en blouses noires, tous puissants et sadiques. L’autre apparut soudain. Elle semblait émettre de la lumière.
- Ils ne te feront pas de mal. Viens.
Elle obéit à l’ordre. La première marcha dans des broussailles. Alors elle la suivie. Elle ne savait pas où elle était. Les ronces griffaient et lui mutilaient ses jambes. Comme si la verdure cherchait volontairement à entraver sa progression. Comme si des êtres enterrés jusqu’à la taille tendaient leurs immenses mains pour s’accrocher à ses jambes et s’enfuir. Qu’ils mettaient dans sa chair leurs ongles sales et laissaient des labours rouges sur sa peau pale. Il y avait des feuilles dans ses cheveux. Elles étaient de nouveau sur la route. Mais pas devant la maison. Elles marchaient en silence et la nuit n’était pas muette. Au plus profond de la forêt il y avait peut-être un sabbat. Et jusqu’ici en raisonnaient les échos des cris et des rires. Ce soir, la lune était infidèle et se murait de plaisir derrière les nuages. Ses pas étaient réguliers. Réguliers et seuls. Les battements de son cœur s’accélérèrent. Elle n’osait plus courir. La lumière jaunâtre et artificielle parut au détour d’un tournant. Elle précipita ses pas. La porte du garage était légèrement ouverte. Elle aurait juré pourtant l’avoir refermé. Elle remonta dans sa chambre sans bruit. Il y avait juste les tambourinements de son cœur qui hurlaient dans sa tête. L’autre était assise sur son lit. D’un geste, elle lui dit de dormir et jura d’être gardienne de son sommeil.
Quel rêve étrange.

Le village se distinguait. Il y a un petit collège qui centralise tous les élèves à des kilomètres à la ronde. Deux classes par niveau. Tout le monde se connaît ici. Il n’est pas possible d’en être autrement.
Tandis que le vent déviait légèrement la trajectoire de leurs vélos elle observait l’étrange fille. Elle remarqua que l’autre avait seulement un jean, un pull avec certainement dessous un T-shirt vert. Mais pas de chaussure, pas de manteau. Pas de sac. Elle lui demande timidement si elle n’a pas froid, si elle n’avait pas mal, et comment elle allait faire en cours, sans sac.
- Pourquoi j’aurais mal ?  Pourquoi j’aurais froid? De toute manière je ne vais pas en cours. Ils n’auront pas à m’aimer.
Et dans une question où perçait l’angoisse, elle voulut savoir où l’autre allait. L’autre ne prit pas la peine de répondre. Elle continua d’avancer plus vite. Sauf qu’elle n’allait plus au collège. L’autre vient de tourner vers la gauche. Les routes sont sinueuses. Et on ne la voit déjà plus. Elle s’arrête. Devant elle, le collège. Mais pourquoi aller au collège alors qu’elle sait que l’autre n’y est pas ? A gauche il y a… une voiture passe et continue tout droit. Elle ira à gauche. Ce matin, elle se souvient vaguement d’avoir songé à la liberté. Après avoir rêvé de manière si étrange, elle est restée avec un puissant sentiment d’angoisse. Avec l’horrible sensation d’être, comment dire, prisonnière ? Oui, prisonnière… mais de qui ? De quoi ? Mais peut-être sommes nous tous prisonniers. Ne pas être prisonniers, c’est être condamné à être libre. La liberté, ça s’apprend. Voilà certainement ce que cette étrange fille tente de lui enseigner. Elle doit la rejoindre. Elle ne peut pas rester seule, sans l'autre. Elle ne mérite pas ça. Elle a besoin de cette fille. Elle a besoin d’apprendre. Quitte à n’aller nulle part, elle doit y être. Elle ne doit pas se permettre d’être seule avec les autres, même dans une classe. Si elle ne la suit pas, peut-être l'autre l’oubliera-t-elle, et alors elle ne reviendra pas. La laissant éternellement seule. Les autres n’existent pas. Dans son immobilité, le froid devient mordant. Elle repart. Elle continue sur la route de gauche. Elle pédale, elle pédale. Son sac devient de plus de plus lourd. C’est comme s’il se remplissait de pierres. La route offre une nouvelle bifurcation. L’autre est partie. Elle n’est plus là. C’est inutile. Elle ne l’a pas attendue. Elle ne voulait pas d’elle aujourd’hui. Inutile de la suivre alors. Elle reprend la direction du collège. Elle pédale, elle pédale. Elle arrive devant le collège. Il n’y a personne dehors. Ni dans la cour de récré ni sur le parking. Les cours ont déjà commencé. Elle laisse son vélo dans l’abri prévu pour cet effet. Met la sécurité. Elle passe la porte avec son sac redevenu si léger.
Derrière le bureau de la Vie scolaire il y a une fenêtre. Une ouverture vers l’extérieur. Vers la liberté. Mais entre elle et les arbres qui se dessinent au loin, se trouve un surveillant. Il attend une explication logique, autre chose qu’un « je suis désolée, je suis en retard, vraiment désolée… »,  murmuré tout doucement avec un ton de profond regret. Mais lointain, si lointain. Elle tente de respirer lentement, de trouver des mots à dire. Elle arrive à dire qu’elle s’est levée en retard. Qu’elle est seule chez elle le matin. Qu’elle est venue à vélo. Qu’il y a du vent. Elle obtient finalement un billet de retard lui permettant de rejoindre sa classe.
Trente-quatre marches. Salle 102. Premier étage. Deux fenêtres.  Trente-deux élèves, un professeur. Soixante-six yeux tournés vers elle. Deux taches roses au niveau des joues. Elle tend le billet. Elle s’installe à son éternelle place. Au milieu de la rangée de gauche. Le professeur parle :
 Je disais donc, que vos rédactions étaient dans l’ensemble d’un excellent niveau. Évidemment il y a toujours quelqu’un pour ne pas suivre la consigne…
Il y a du vent, les feuilles dansent. Un ballet harmonieux se fait dans la cour.   Où quelques spectateurs invisibles hurlent en silence. « … Par contre votre camarade a fait un excellent travail. » Elle relève la tête, le professeur est devant elle. Il s’adresse à elle : « Ça ne te dérange pas que je lise quelques extraits ? » Elle fait non de la tête. « Tu as donc choisi de prendre le point de vue du Minotaure. Tu décris l’angoisse de cette créature maudite. Sa façon de renier son existence, et l’absurdité de celle-ci. Tu racontes aussi l’enfermement dans le labyrinthe de Dédale. En son centre on comprend qu’il y a un autel pour le dieu Cronos, métaphore du temps qui passe. Entre les murs dansent des flammes dans des braseros. Et alors, j’aime beaucoup, mais le passage est un peu long : Arrive alors un grand fracas, des cris, des hurlements et des pleurs. Comme si un mur avait violemment cédé puis s'était replacé avec force. Ma solitude est brisée une fois encore. Certains partent en courant se perdre derrière ces murs sans fin. D’autres tombent à genoux et gémissent. Les tissus se déchirent, les mouvements se font cruels. J’apparais devant eux. Je sens les battements de leurs cœurs s’affoler. L’un d’eux met ses ongles dans le bras de l’autre. S’en vient un cri strident. Et puis l’odeur du sang. Il n’y a plus que cela. Le Sang. Plus rien n’a de sens. Il n’y en a jamais eu. Les ventres s’ouvrent sous mes cornes. Un corps convulse une dernière fois. Les formes se mélangent piétinées par mes sabots. Il ne reste qu’un tas fumant de chair. Mais je ne suis pas seul. J’erre. La faim est un peu calmée. Dans l’euphorie du sang j’ai goûté à leur viande. Je suis prisonnier. Ils sont là, ils se jouent de moi. Mais nous sommes tous prisonniers. Ils peuvent rentrer. Mais ils ne peuvent sortir. Ni vivant. Ni mort.“  La copie est longue, je ne vais pas tout vous lire. Ensuite tu racontes comment il se sent agressé par les autres “ intrus “. Et leurs cruelles morts. C’est assez sanglant tout de même. Et puis il y a des détails vraiment sordides. Comme
“ Voilà des semaines que je suis seul. Les chairs sont putréfiées. Une odeur de mort et de pourriture reste entre les murs. Et seul le sang coagulé mêlé aux asticots peut me nourrir. “ Je vais aussi vous lire la fin, la libération.
“ Il est seul devant moi. À son poignet gauche est attaché un fil. Et sur le brillant de son bouclier de bronze je vois un reflet hideux. Il est immobile. Je le suis aussi. C’est alors que je comprends que le reflet n’est autre que mon reflet. Au fond de ces deux yeux noirs baignés d'horreur, la malédiction des dieux m’apparaît alors. Je n’ai pas choisi. Je suis condamné. Ma seule existence est une punition pour une faute que je n’ai pas commise. Il s’approche de moi. Je ne bougerai pas. L'argent de son épée me traverse le corps. Il crie de victoire. Je gémis. La mort, passage vers l’éternité de l’enfer, est ma seule libération. “ C’est  un travail vraiment... » Dehors  le vent ne joue plus. Le bal est fini. Plus de danse. Plus de cris.
Par la fenêtre de la salle de mathématiques, on peut voir quelques arbres de la cour. Dans l’enlacement des branches de l’un d’eux on peut apercevoir un cerceau orange étrangement prisonnier.  Une série d’exercice est écrite à la craie sur l’un des derniers tableaux noirs. Tableaux irrévocablement  remplacés par de grands tableaux blancs qui jamais n'ont de feutres. Les élèves sont contraints à être silencieux. Le professeur murmure des explications à un élève en difficulté. L’élève a compris. Il n’y a plus de bruit.
- Tu ne m’as pas suivie.
C’était sa voix, elle en est sûre. Mais la place à côté d’elle est vide.  L’autre n’est pas venue au collège. Elle le sait bien. Pourtant c’était sa voix.
- Tu n’as plus confiance en moi.
La voix est derrière elle. C’est la sienne. C’est sûr. Tout son corps est tendu. Mais une certaine autorité émane du professeur. Elle ne peut pas se tourner ou lever la tête de son cahier. Elle ne veut pas se  faire réprimander.
- Alors tu ne veux plus de moi.
Les lignes de son cahier se font courbes. Les chiffres courent, comme si, ils partaient à la guerre contre les lettres.
- Regarde-moi ! Tu n’oses plus ? Tu n’y arrives pas. C’est simple pourtant. De tourner la tête.
Les lettres se sont faites décimer. Elle sent le ton de reproche. Elle voudrait demander de l’aide. Il n’y a pas d’aide possible. Ni de bruit. Sauf un garçon qui renifle. Sa tête est lourde. Elle ploie sur son bureau. Elle entend des bruits de pas derrière elle. Pourtant le professeur est assis à son bureau. Personne ne semble regarder. Elle tourne la tête. Un étau encercle celle-ci comme une couronne d’épines. C’est bien l’autre. Toujours pieds nus elle esquisse des pas de danse. Personne ne dit rien. Ils ne semblent pas la voir. Elle s’est changée, mais où est-elle allée pour trouver une robe si légère, si grise ? Le professeur lui propose son aide. Pour l’exercice. Elle n’a pas entendu. L’autre est devant la porte.
- Alors tu me vois. Tu sais bien que je suis véritablement là. Mais tu ne veux pas me suivre. Moi je voulais t’aider. Tu ne veux pas de mon aide n’est ce pas ?
Même ses larmes sont amères et prisonnières. Les épines semblent pénétrer sa tête. Sa gorge se resserre. Son corps ne lui obéit plus. Elle ne peut pas répondre.
- Tu ne veux pas de moi. Mais tu ne peux même pas être sans moi. Si je ne t’attends pas, tu ne me retrouves pas. Et je ne sais pas combien de  temps je vais t’attendre. Je t’imagine seule, impuissante, ne sachant pas où aller.
Ces dernières phrases montraient toute la puissance que l’autre avait sur elle. La dépendance absolue qui les liait.
Le professeur l’appelle avec force et agacement. Où a-t-elle la tête ? Dans une couronne d’épines. L’autre a encore disparu. Les épines sont empoisonnées. Le fiel entre dans son sang, glisse le long de sa colonne vertébrale et se loge finalement dans son ventre. Lentement, méticuleusement il entreprend de  lui ronger les entrailles.
Le professeur a voulu lui parler. Elle s’est excusée. Il lui a avoué qu’il est un peu inquiet pour elle, est-elle bien sûre que tout va bien en ce moment ? Au collège ? A la maison ? S’il y avait un problème, elle en parlerait, n’est pas ? Bien sûr.
Le couloir est vide. Tous les adolescents sont déjà dans la cour. Elle presse ses pas. S’enferme dans les toilettes. Son cœur va bien trop vite pour qu’elle puisse penser. Elle a de la difficulté à respirer. Les larmes se libèrent. Sur ses joues se répand le sel des regrets. Regret de ne pas être maître absolu de son propre corps. Regret de l’avoir laissée partir. Regret de n’avoir que ses larmes avec elle. Elle ne veut pas garder du poison elle. Elle ne veut pas porter en elle les armes de sa propre destruction. A genoux dans les toilettes elle rejette tout cela. Elle n’en veut pas. Elle n’en veut plus.
Tandis que certains se bousculent pour aller s’asseoir devant un plateau, qu’un verre glisse, se brise et répand ses éclats ici et là, elle sort. Le vent est toujours là. Elle veut aller là où elle aurait dû être ce matin. C’était stupide de se décourager si vite. C’est juste qu’elle n’a pas été assez rapide. Voilà tout. Il faut qu’elle se dépêche maintenant. Nul ne dirige le temps. Et jadis Cronos dévorait ses enfants.
Elle va à gauche, toujours à gauche. Et ainsi s’éloigne du monde où vivent les hommes. La nature est captive. Condamnée à devenir rectiligne. Elle qui était si courbe. Mais elle n’est pas complètement asservie. Et puis tous ne veulent pas la domestiquer. Ils ont raison, la révolte serait trop grande.
Ce n’est plus qu’un chemin forestier. Son jean est maculé de boue. Mélange de terre et d’eau. Elle laisse son vélo dans les ronces. Elle s’en fiche. Elle sent qu’elle n’est pas seule. L’autre doit être ici. Elle court. L’autre n’est plus là. Mais elle est restée ici. Elle ressent sa présence encore récente. Elle jette son sac à dos avec rage. Mais où est-elle ? Pourquoi l’autre est-elle encore partie. A quoi joue-t-elle ?
Elle, d’habitude si calme, est illuminée de colère. Elle crie, cogne violemment sa main contre un arbre. Sur l’écorce, il y a un peu de son sang. Elle tombe à genou, se met à pleurer et gémit de désespoir. Lorsqu’elle a jeté son sac, celui-ci s’est ouvert. Elle attrape un cahier, et déchire frénétiquement toutes les pages. Tous ça est inutile. Ça ne veut rien dire. À quoi bon savoir que certains crient que nous sommes libre et égaux en droit ? Qu’est que ça change que trois soit la racine de neuf ? Aux yeux de qui tout cela est-il vrai ?
Seul le vent est vrai. Le froid. Le ruisseau glacé. Son cœur qui cogne trop fort. Ses lèvres trop sèches et fendues. La douleur de sa main. Ses larmes amères. Le rire du vent dans les branches. Qui se moque certainement d’elle, petite humaine. Ridicule petite humaine.
Le vent trop vif qui mêle ses cheveux, fait rougir et ses joues et ses doigts, et fait s’enfuir les pages de son cahier. Pourquoi y croire ? Pourquoi attendre ? Pourquoi rester captive de son propre corps ? Elle n’a pas besoin des autres pour vivre. Les autres vivent bien, sans elle. La vie n’a jamais eu besoin d’être logique pour être. Le vent passe partout, réveille toutes les branches, chante dans toutes les cimes. Il est en communion avec le reste du monde. Le vent est plus vivant qu’elle.
Face à cette étrange réalité elle siffle de jalousie. Soudain elle n’est plus seule. L’autre est derrière elle. Elle n’a rien dit, n’a fait craquer aucune branche, mais elle est bien là. Puis l’autre brise le murmure du vent :
- Je sais à quoi tu penses. Au vent. Mais ils sont tous comme lui. Aussi bien, l’eau que le feu. Et la terre. Elle est partout elle aussi. Oui, comme la douleur et les larmes. Les racines aussi rentrent dans les profondeurs du monde pour découvrir les secrets. Et puis en toi aussi il y a la vie.
La vie. Ces ridicules gouttelettes rubis seraient des gouttes de vie ? Comme si son corps était capable de supporter tout un flux de vie. Peut-être. Peut-être pas.
- Oui, toute cette énergie peut couler, se reprendre. Elle laisse un temps de silence, et se met face à elle. Tu peux la sortir de toi. Tu n’as qu’à me la donner. Alors tu vivras en moi. Tu n’auras plus à supporter ce corps trop faible, qui ne sait pas ce que c’est réellement ce que c’est que vivre. Je porterai  les douleurs physiques dans mon corps déjà plus fort et toi tu auras toute la puissance et la volupté de l’esprit. Tu resteras qui tu es dans un corps moins faible dont tu n’auras pas à te soucier. Ne les donne pas à la rivière, elle les perdra. Ne les donne pas à la terre, elle les boira. Si tu me les donnes, je les garderais comme on garde un trésor. Car tous ces rubis qui ne sont pas de pierre restent encore de précieux trésors.
Elle ne comprend pas tout, mais son cœur prend un rythme plus rapide, et si cela doit continuer elle n’est pas sûre de pouvoir le tenir. Son esprit encore un peu jeune s’imaginait que si elle s’ouvrait les poignets pour accéder à son sang, celui-ci comme mu d’une volonté propre et tel un serpent partirait en spirale autour des avant-bras de l’autre fille. Et qu’alors elle pourrait laisser sa dépouille à la forêt, à la terre et aux vents. Elle a conscience que ce sera un piètre cadeau car elle n’attache que peu d’importance à sa chair. Elle espère aussi qu’alors ces nobles éléments purifieront son corps trop humain. Évidemment elle ne pense à aucune forme de putréfaction. Elle ne pense pas à son corps exsangue aux lèvres violettes. Elle ne pense pas à ses deux grands yeux ouverts vides de tous sentiments. Elle  ne pense pas aux créatures de son rêve qui la griffaient dans la forêt, et qui seront les éternels veilleurs avides de son mortel cadavre. Non, bien sûr elle n’y pense pas et c’est pour cela que l’idée que lui a soumise son initiatrice lui est si séduisante. Elle pense qu’elle hésite encore mais en réalité elle a déjà accepté.
Elle ne voit qu’une chose. La possibilité de n’être qu’un esprit. L’invitation à découvrir ce que c’est que vivre. Avec seulement et tout ce qui est l’esprit. Ne pensant pas à ses lèvres violettes, à genoux devant son sac elle y recherche quelque chose de taillant. Ses ciseaux bêtement scolaires n’ont pas le tranchant nécessaire. Savoir se tailler avec feuille demande une dextérité qu’elle n’a pas. Avec un compas, c’est un peu trop long. Les cutters ne sont tolérés qu’en salle d’art plastique en présence de la prof. Ce n’est pas très dangereux un sac de collégien. Tandis que les coutures de son jean se dessinent sur sa peau, elle démonte son appointe crayon. Acheté pour la rentrée, il n’a pas été encore trop utilisé, et son tranchant semble pouvoir suffire. D’ailleurs en le démontant elle s’est taillé l’index gauche. Elle le met à sa bouche. Elle trouve que son sang a un goût légèrement métallique. Elle aime bien.
Durant tout ce temps l’autre n’a rien dit. L’autre la regarde seulement. Elle n’y fait pas attention. Elle ressent la présence de l’autre. Bientôt elle sera en elle. Mais le goût du sang est bien plus important. Ça le vent ne le saura jamais. Il ne sentira jamais le picotement lorsqu’une lame vous rentre dans la chair. Ni la légère sensation de suçon lorsque vous mettez la plaie dans votre bouche. Le goût métallique et sensuel du sang. Il ne le connaît pas. Et il ne le connaîtra jamais.
Elle pose son manteau. Elle n’ose pas mettre cette petite lame dans son bras. Ça lui fait un peu peur et elle en a honte. Elle repense à une histoire où il est question de pacte de sang et pour cela ceux qui y étaient conviés se faisaient une légère entaille dans la main. Pour ne pas montrer sa peur et sa honte elle se taille subitement la main. Elle n’a pas pris le temps de comprendre ce qu’elle allait faire. Une petite ligne rouge se dessine maintenant dans sa main. Elle trouve que la couleur est belle. Elle apprécie le picotement. Elle le porte à sa bouche. Elle aime encore ce goût.
Elle enlève son pull. L’autre aussi. Elle repousse sa manche jusqu'à son coude. Elle sent le froid mais de manière lointaine. Le froid ne la dérange pas. Pas maintenant. On peut voir ses veines aux niveaux des poignets. Ça l’intimide un peu. Elle met la lame à l’intérieur de son avant-bras. Plutôt du côté du coude, près de son grain de beauté. Elle attend avec une onde de plaisir anticipé. Et elle n’en est que plus déçue. Il ne s’est rien passé. Une ligne blanche qui vient de disparaître. Cette déception devient violence dans sa tentative suivante qui alors réussit. Une ligne rouge et quelques gouttes. Elle les met à ses lèvres, les savoure. De nouveaux rubis apparaissent encore. Elle les remet à sa bouche. Son plaisir est là. Des rubis dans la bouche. Mais cette découverte est troublée par le sifflement de l’autre. C’est à l’autre qu’elle doit les donner. Elle ne doit pas les garder. C’est l’autre qui sait ce qui est bon pour elle.
Son corps peut lui donner des rubis. Il vient de se créer une ultime utilité. Cherchant à prendre le temps de réfléchir elle met son regard dans les yeux de l’autre qui se dirigent vers son bras marqué d’une ligne rubis. C’est un regard plein d’envie. Elle pense que le seul moyen de lui faire comprendre ça c’est de lui faire goûter à son tour. Les rôles s’inversent c’est à elle de lui montrer quelque chose. Quelque chose qui fait vivre. Elles sont toutes les deux à genoux face à face. Elle tente de lui prendre son bras et de le lui faire, mais l’autre se défile. Vexée et se croyant rejetée elle se lève. L’autre toujours à genoux enlève son T-shirt tandis qu’elle lui tourne le dos. Elle se retourne pour lui proposer de nouveau et elle voit le corps dénudé de l’autre fille. Le T-shirt a disparu. Il n’est même pas à côté. Elle se permet de la regarder. De toute façon elles vont bientôt partager ce même corps. Ce corps qui lui semble familier. Déjà.
L’autre ne veut pas qu’elle la touche, qu’elle lui montre ce nouveau plaisir. Elle finit par céder, elle renonce à lui infliger une divine mutilation, et lui met la petite lame au creux de sa main. L’autre serre le poing autour cette nouvelle merveille. Mais rien ne suggère qu’elle va essayer. Peut-être qu’elle connaît déjà ces picotements et ce goût minéral. Ça doit être ça. Elle connaît déjà. Alors elle ne lui apporte rien. Toujours rien. Dans ce face à face, elle s’est remise à genoux. Elle l’observe. Avec une impression de déjà-vu. Comme si elle la connaissait bien plus que ce qu’elle avait pu le croire. Elle n’a jamais fait véritablement attention à son physique. Ni au sien, ni à celui de l’autre.
Elle a toujours trouvé quelque chose de malsain à tout ce qui touche à la carne. Petite, elle détestait accompagner sa mère chez le boucher. Là où la viande est exposée sous des lumières crues. Elle avait aussi en horreur les charcuteries. Elle n’aimait pas voir pendre les pièces de charcuterie à de petites ficelles. Voir dessiner un cochon souriant à côté d’une assiette de jambon sur une nappe blanche à carreaux rouges. Elle n’a pas d’affection particulière pour les vaches ou les cochons, mais si elle voulait arrêter de manger toute cette viande c’était à cause du plaisir pervers qu’elle avait à mordre dedans. Lorsqu’elle était un peu plus grande, durant les rares mais trop longs repas de famille, elle mâchait, mastiquait doucement sa viande en se disant qu’un jour ce que ses molaires broyaient courrait dans des prés d’herbe verte. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’elle se rendit compte que ceux qu’elle mangeait n’avaient peut-être jamais vu la couleur du ciel. Que les élevages en batteries étaient bien plus développés que ne laissaient entendre les étiquettes verdoyantes.
À ses yeux un corps humain ce n’est rien de plus qu’un tas de viande. Elle n’aime pas être esclave de son corps qui a froid, qui a mal, qui frissonne et qui a chaud. Malgré toutes nos grandes pensées, un être humain peut être réduit et limité à un simple amas de chair. Un corps aux nombreux besoins. Privez un Homme de nourriture et tous ses idéaux céderont pour de simples bouts de pain.
Mais elle n’a pas faim. Elle n’a nulle envie de manger. Elle a juste envie de savoir ce que c’est que vivre. Et sentir les rubis dans sa bouche lui semblait être ce qu’il rend le plus vivant. Et sans aucune conscience que cet acte poussé à l’excès conduirait à un corps inerte privé de ce qui est réellement vivant : l’esprit. L’esprit. Deux esprits pour un seul corps. L’équation n’est elle pas impossible ? Elle ne doute pas de la présence de son esprit. Ni de celui de l’autre. L'Autre, autrui que de notions qui se mélangent dans sa tête.
L’autre, si peu vêtue, a un corps semblable au sien. Si semblable d’ailleurs. Nous autres êtres humains, créatures, n’avons aucune originalité nous sommes tous identiques. Seul des détails nous différencient. Des détails. Elle, par exemple, a un grain de beauté à l’intérieur du bras, près du coude. Elle en a un tout petit près du nombril. Elle a un rictus au niveau de la bouche, tout à fait particulier lorsqu’elle attend.
L’autre aussi. Elle attend. Le rictus. Et aussi près du nombril, tout petit. Dans le bras, près du coude.
Ce n’est pas original. L’autre est pourtant tellement unique. Elle croyait l’être aussi. Mais si elle l’observe sincèrement, elle est obligée de l’avouer : elle n’est qu’une pâle copie de l’autre. L’autre est tellement plus aboutie. N’être qu’une copie. Une contrefaçon. Rien de plus. Il lui presse de devenir quelqu’un.
Mais pour l’instant elle reste toujours sensible au froid et au vent. Et leurs morsures sont presque aussi violentes que celles de la petite lame. Son ventre muet, donne soudain un faible bruit. Elle n’a pas faim. Mais son corps, lui, n’a pas mangé. Et il le lui fait dire. Elle n’aime pas l’écouter. Elle laisse passer. Mais rien à faire, son corps à faim. Son corps a froid. L’autre ne frisonne pas. Sa peau pourtant visible ne semble pas remarquer les agressions extérieures.
Elle n’a pas la lame. Pas de rubis disponible.
- J’ai faim.
L’autre lui répond que c’est bien inutile de penser à ça maintenant. Avec ce petit air supérieur et mesquin qui est si désagréable. Et pourtant elle ne la pas vu. Elle sait bien que l’autre est supérieure.
- Mais j’ai vraiment envie de manger.
- Et bien moi je n’ai pas envie que tu manges. Alors arrête de te plaindre.
L’autre avait presque crié pour dire cela. Et cette fois la violence et le mépris de l’autre surpris notre jeune fille.
- Et puis non ! J’ai faim et puis j’ai froid ! Toi tu n’as jamais froid ni faim, alors tu ne sais pas ce que  c’est. Et j’ai envie de manger une dernière fois.
Elle s’était levée et avait parlé avec humeur. C’était la première fois depuis bien longtemps qu’elle s’adressait ainsi à quelqu’un. L’autre eut un léger mouvement de recul face à cette réaction inattendue.
On dit que les personnes moins vêtues sont désavantagées par rapport à leurs interlocuteurs mais ici ce n’est pas le cas. Et même si le vent a des prises sur la majorité du corps de l’autre, c’est de ce même corps qu’émane la volonté la plus affirmée. L’autre se relève. Toutes les deux sont face à face. Elles ont la même taille. La même silhouette. Et les mêmes boucles emmêlées par le vent.
Elle l’a toujours écoutée. Elle n’a jamais douté de ses paroles. Elle veut n’être qu’un esprit dans son autre corps. Et cette opposition frontale et agressive est provoquée par un désir de nourriture. N’est-ce pas ironique que se soit quelque chose de si physique qui les ait menées là ? Mais elles ne sont pas d’humeur à en rire. L’autre s’avance, légèrement menaçante, elle recule timidement. Cette réaction semble l’avoir satisfaite. Mais la lueur de défi qui reste dans le regard de notre jeune fille, n’a pas été maté. L’autre se rapproche encore. Elle fait un grand pas en arrière. L’autre se rapproche avec élan. Après une légère hésitation, elle choisit de ne pas bouger. Elle ferme ses paupières en attendant un choc qui ne vient pas. Elle ressent une présence froide contre elle. Comme une brise fantomatique. Encore hésitante, elle rouvre ses yeux. L’autre est si près d’elle qu’elle devrait sentir son souffle sur son visage.
Avec audace, elle tente de saisir les poignets froids de cette étrange fille. L’autre, surprise, écarquille les yeux, mais n’a aucune autre réaction cohérente. Prête à la frapper, notre adolescente jette avec violence ses poings sur le ventre nu de l’autre. Mais elle n’obtient qu’un contact brumeux. Elle redouble de vaine violence.
Aucun contact n’est possible.
Le tapis d’épine sur lequel ses genoux tombent est délicatement imprégné d’humidité. Si elle le remarque c’est juste parce qu’elle a froid sans son pull. Le froid enveloppe son corps, la faim se repend dans son ventre. Une sorte de dégoût né à l’intérieur d’elle. Mais elle n’a plus rien à rendre depuis bien longtemps.
Ce n’est pas possible. Elle ne veut plus que ce soit possible. Les lignes à l’intérieur de son bras, ont perdu leur éclat. L’autorité de l’autre semble avoir reçu un coup incurable. Quant à ce corps, il ne semble pas assez matériel pour pouvoir comprendre le plaisir des rubis.
Elle souhaite avec une telle volonté que ce ne soit plus possible, que lorsque ses yeux baignés de larmes la cherchent de nouveau, cette autre fille, ils savent déjà qu’ils ne la trouveront pas.

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Némésis
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MessageSujet: Re: La fôret de lettres de RedBerries   Sam 13 Sep - 22:15

Tu as de très belles tournures de phrases Smile
Pour être sincère, je pense que c'est le genre de texte qu'il faut lire plusieurs fois pour véritablement comprendre le sens alors poulette... Je le relirai avant de laisser dans cette galerie un commentaire plus étoffé mais j'insiste; tu as de très belles tournures de phrases. Smile
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Eisen
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MessageSujet: Re: La fôret de lettres de RedBerries   Mar 23 Sep - 20:38

Tu as une très belle écriture ^^ c'était très plaisant à lire, bien qu'il me faudra plusieurs relecture pour saisir l'intégralité de ton histoire parce que 'avoue m'être perdu à un endroit ^^

C'est d'ailleurs peut-être le seul bémol à ta production que j'ai vraiment beaucoup aimer ^^
le manque de clarté dans tes transitions ou en tout cas dans les differents blocs de scénario peuvent freiner la compréhension ^^

vivement qu'on voit d'autre de tes écrits, avec ton écriture ça promet d'être cool ^^

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