Tatà aussi c'est une loutre unijambiste alcoolique. ♥
 

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 Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.

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Nept

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MessageSujet: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 18 Aoû - 0:29

Kikou !

Bon je vous présente la chose. J'essaie d'écrire une petite histoire, qui se suit de chapitres en chapitres.
Pour le synopsis, je ne sais pas trop quoi dire. L'histoire se passe dans un monde proche du notre au 19ème siècle, avant l'invention de l'électricité, après le développement des chemins de fer. Ca va parler de musique, de gens, de retournements de situations, d'aventures, de joie, de tristesse. Bref, tout un programme.


J'espère que ça vous plaira, j'essaierai d'être assez régulier Smile


Voici une petite carte pour se repérer.
Spoiler:
 











I. Des chapeaux et un piano.



La matinée fut légère en clients. Il y eu bien cette vieille rabougrie des hauts quartiers, qui passait commande tous les ans et ne manquait pas de pester sur l’œuvre finie, comme quoi cela n’était pas conforme à ses attentes, que la couleur n’était pas bonne, que les tissus n’étaient pas de bonne qualité, que la composition générale ne lui plaisait pas ; n’empêche qu’elle revenait tous les ans à la même période, juste avant la fin du printemps, et cela suffisait pour donner le sourire à Talina. Après tout, si la vieille Christina de Bodoré et ses goûts de luxe choisissait d’acheter ses chapeaux dans la pleine ville, dans une petite boutique qui n'a de prestigieux que sa proximité avec la Grande Place des Lavandes, c’est que ses chapeaux, ils lui plaisaient. Ce n’était pas la seule de la haute société, d’ailleurs, qui commandait des chapeaux à la jeune Talina Vivaux, chapelière par son père, lui-même par ses deux parents, et bien que cela du lui conférer un brin de fierté, cela ne la motivait qu’à s‘améliorer d’avantage. Elle tenait la petite boutique familiale d’une main de maître, son carnet de commande étant plein pour l’occuper jusqu’à l’automne. Son père s’était quant à lui retiré du métier, lorsque sa femme le quitta subitement quelques années plus tôt. Je n’ai plus d’inspiration disait-il, mais Talina savait pertinemment qu’il se répétait ces mots pour se cacher la vérité : fabriquer des chapeaux, il n’avait jamais aimé ça. En opposition, ce dégoût ne s’était pas transmis à sa fille, puisque fabriquer des couvre-chefs était devenu pour elle une véritable passion. Et cela se ressentait dans ses créations, bien évidemment.

  Après avoir terminé et placé en vitrine une petite capeline bordée de dentelles et ornée de deux plumes teintées de bleu, Talina ferma la boutique, puis emprunta la porte dérobée à l’arrière du comptoir pour arriver dans la réserve. Le vieil escalier qui s’y trouvait permettait d’accéder à l’étage de  la maison. Les craquements qu’il produisait étaient extraordinaires, si bien qu’il était impossible de l’utiliser sans réveiller le premier étage, le vieux chien qui se plaisait à dormir à l’entrée du magasin et les pigeons logeant sous le toit. La jeune fille poussa la petite porte de la mezzanine pour entrer dans le séjour. Son père était assis sur un fauteuil aussi vieux que confortable, et il était en train de lire le journal.
« Je vais changer cet escalier, maugréa Jorge Vivaux sans détourner les yeux de son papier.
- Papa, je vais manger en ville avec Emily, lui répondit Talina sans prêter attention à son habituelle ritournelle. Je ferme la boutique pour cet après-midi, histoire de profiter un peu de la fête …
- C’est quand même incroyable, interrompit le vieux, deux ans que l’affaire des contremaitres est en cours ! Ma main au chien qu’ils ont des contacts haut placé qui leur permettent de faire trainer le jugement.
- Je mangerai avec toi ce soir, je ramènerais quelque chose de la grand place, continua Talina en récupérant ses affaires.
- Cinquante-cinq tableaux ! Et ils vont s’en tirer sans problème !
- Tu as les restes d’hier pour ce midi, tu n’auras pas besoin de cuisiner. Elle se dirigea vers la sortie.
- Les malfrats s’en sortiront toujours … Il gratta sa moustache grise puis releva les yeux en entendant grincer le bois de son horrible escalier. Voyant descendre sa fille, il lança : ma chérie, où vas-tu ?
- En ville, avec Emily. Je t’ai mis ton repas sur la table de la cuisine, répéta Talina avec douceur.
- Ah ! Je … euh ... fait attention à toi donc... Il se leva péniblement de son fauteuil, en s’appuyant sur ses bras maigres. Il n’avait jamais était très musclé, mais ces dernières années l’avaient affaiblit. Talina s’occupait de lui du mieux qu’elle pouvait, bien qu’il ne fut pas incapable de le faire tout seul. Mais toutes ces années de paresse qui avaient fait partir sa femme étaient là, encrées au fond de lui, et il ne changerait jamais. Il lirait tous les matins son journal avec la même mine jusqu’à la fin de sa vie, mais Talina s’en moquait. Quand sa mère partit du jour au lendemain alors qu’elle n’avait même pas dix ans, Jorge Vivaux s’occupa de sa fille mieux que tout, et même si il tendait à renouer avec ses vieux démons depuis quelques temps, il serait toujours son père.

  Talina rejoignit Emily à la « Loutre Gourmande ». Elles se plaisaient à s’y retrouver au moins une fois par semaine. L’endroit était chaleureux, mais les deux filles y venaient car elles raffolaient du Liel, une boisson qu’eux seuls distribuaient et consistant en une sorte de mélange improbable de miel et de fruits venus d’au-delà la Cœur-Mer. C’est aussi ici que pendant leurs années d’études, elles retrouvaient leur bande d’amis. Combien de soirées avaient elles passées là, se moquant des aventures amoureuses du grand Louis, médisant toutes les trois avec Mali la belle sur les autres filles, jouant à des jeux de cartes avec les frères Foudil, se bagarrant avec les idiots du coin, riant, criant, blaguant. Des amis, il ne restait qu’Emily. La vie fait se croiser et se séparer de nombreuses routes, et de toute façon, c’était mieux ainsi : l’idée de souvenirs inaltérables plaisait à Talina. Le serveur leur apporta deux verres de Liel frais en terrasse. La place était bondée, plus encore qu’un jour de marché. C’est qu’aujourd’hui était un jour spécial : le centenaire de la commémoration de la fin de la guerre. C’était donc un jour de fête. Depuis cent ans et la chute des rois va-t’en guerre et des monarchies décadentes, les progrès sur le plan scientifique avaient été énormes : la synthétisation d’Endre, les chemins de fers, etc. Non pas que tous les gens du pays souhaitaient fêter les avancées technologiques majeures de leurs temps, mais toutes les occasions étaient bonnes pour faire la fête, et un centenaire ça ne se rate pas, et c’était une très grosse occasion pour une très grosse fête. L’effervescente montait en ville depuis quelques semaines. Les rues commençaient à se décorer, les gens à se préparer. Emily avait même réussi à faire venir leur vieille amie Meyli depuis Lumille, la grande ville au-delà de la chaine des puys.  Les filles avaient quant à elles prévue de faire un tour à la foire pour essayer de gagner au stand de tir et surtout pour se gaver de confiseries, de gâteaux, de crêpes, et de boissons.
« A quelle heure est censée arriver Mali ? demanda Talina après avoir descendu les deux tiers de son verre.
- Vers vingt heure à la gare, d’après sa dernière lettre, lui répondit Emily.
- Quatre ans depuis la dernière fois qu’on l’a vue… Talina marqua une pause. C’était pour mes dix-huit ans non ?
- Oui, elle n’a pas eu l’occasion de revenir à Vaelta depuis. En même temps, la région des grand lacs et sa cité aux milles ponts… ça me laisse rêveuse. Je veux dire : certes, on est bien ici, la ville est vivante, on a un travail. Mais merde, t’aimerais pas voyager toi ? Partir loin ! Visiter Mortetour, Lumille ! Traverser la mer ! rencontrer des gens !
- Je suis allée une fois à Peyrône quand j’étais petite, réplica Talina sur un ton moqueur.
- Tu crains.
- Désolée Emily, c’est pas la première fois que l’on a cette discussion. Mais j’ai tout ici, ma boutique, mon père…  
- Tu vas pas préparer la soupe pour ton géniteur toute ta vie non ?
- Certes. Et tu ferais quoi, toi, Emily-berté ?
- Très drôle.  Simple : on part après la fête. On va avec Meyli jusqu’à Lumille. On visite la région, puis on prend le bateau à Murier, on traverse la mer. Escale à l’archipel Emerita, puis on fonce sur Aguamal. On rencontre deux beaux et riches marchands et on coule des jours heureux et vides de toute activités sous le soleil de plomb du Sud.
- Et avec quel argent ? Talina se mit à rire.
- On vendra tes chapeaux et je fabriquerais des colliers magiques, pour aider les vieilles à dormir et les moches à trouver l’amouuuur.
- Et quand les gens se rendront compte que tu les arnaque ?
- On sera déjà loin. Je te le dit : in-fa-illi-ble.
- Bon, Je viens mais à une seule condition : nos deux beaux et riches marchands devront nous construire des fontaines de Liel. Ou des piscines.
- Vendu ! » Les deux filles se mirent à rire, puis commandèrent une seconde tournée ainsi que leur repas : une salade fraiche de tomates, de persil et d’oignons, assaisonnée au citron vert et à l’huile d’olive.

  La place se gorgeait d’hommes, de puissant courants la balayant d’une extrémité à l’autre. Les stand de jeux, de musique et de ventes étaient là, au milieux, se tenant tels de puissants rochers face à l’assaut des vagues. Quelques gardes pour maintenir l’ordre public, placés sur le promontoire dominant la place, et les filles, assises à leur terrasse, bien à l’abri de toute cette houle. La place était de forme ovale, située au bout de l’allée centrale de Vaelta, celle que tous les voyageurs empruntent en arrivant en  ville via la porte principale, ce boulevard débouchant  telle une cascade sur la grande place des lavandes, située en contrebas. Face au promontoire, à l’autre extrémité de la place, se trouvait le haut conservatoire de musique, avec sa grande salle de concert pouvant accueillir jusqu’à trois milles personnes. Ce bâtiment imposant était fait de grandes pierres beiges, et les quatre colonnes massives délimitant le parvis de l’édifice faisaient échos aux quatre flèches s’érigeant au-dessus de celui-ci, l’élevant de plus de trente mètres. Ces flèches étaient composée d’Endre, un métal verdoyant. Ce métal composait aussi une grande partie de la cathédrale de Vaelta, qui dominait la ville du haut de sa colline. Une fois leur repas terminé, les filles se mêlèrent à la foule. L’ambiance était bonne, les gens jouaient, achetaient, buvaient, et Talina et Emily ne tardèrent pas à faire de même. Après avoir déambulé dans ce dédale qu’était devenu la place, elles s’arrêtèrent au stand de tir.
« Bonjour monsieur, combien pour une partie ? demanda Emily au forain.
- Cent ditras la partie au mousquet, cent cinquante si vous jouez à deux ! Pour la carabine, c’est le double, répondit l’homme entre deux coups de feu. Cependant je pense que le mousquet sera un peu lourd pour deux jeunes filles comme vous. Il courait dans tous les sens, récupérant l’argent, ré agençant les cibles tombées et donnant tour à tour carabine et mousquets aux clients.
- Alors on prend une partie pour deux au mousquet s’il vous plait. »
L’homme leur tendit un mousquet assez usé, et celui-ci semblait peu puissant. Juste de quoi jouer, en somme. L’homme releva ensuite les boites en fer qui venaient d’être décochées par un père et sa fille juste à côté, puis il récupéra six balles qu’il donna à Emily avant de retourner donner un petit lot à la fillette.
« A toi l’honneur, Tali. Fais-moi rêver. »
Talina agrippa le mousquet, et inséra dans son canon une balle de vingt millimètres de diamètre. Elle mit en joue, et pressa la détente. Une épaisse fumée blanche sortit du bout du canon, et le recul de l’arme frappa tel un coup de poing dans son épaule. La  balle explosa la pile de boites de fer, comme un château de carte que l’on aurait soufflé violemment. Puis elle chargea une autre balle et dans un fracas assourdissant la pile suivante s’effondra. La troisième balle tapa en plein centre de la dernière pile, et elle traversa la boite de fer avant de se loger dans les épaisses plaques de protection situées à l’arrière. Tout le monde s’arrêta de tirer.
« Eh bien, je crois que la dame aux cheveux rouges viens de vous donner une leçon. Le forain s’approcha d’elle. Vous pouvez choisir un gros lot, ou une partie supplémentaire.
- Je vais prendre le petit train en bois.
Le forain lui tendit le lot, et Talina le donna à son tour à la fillette à sa droite.
- J’ai vu que tu lui faisais de l’œil, c’est cadeau. »
La fillette ne lui répondit pas, mais ses yeux étaient tout écarquillés. Le père de la petite fit un signe de tête, et les deux repartirent avec un grand sourire.
« Tali est généreuse. Tali est bienveillante. Tali aime surtout se faire remarquer. Talina fronça les sourcil, ce qui plut à Emily.  A mon tour maintenant. »
Elle chargea l’arme, puis fit tomber la première pile. Elle rechargea, tira, et rechargea encore. La seconde pile toucha le sol alors que le troisième coup était déjà partit. Emily posa le mousquet. Les boites de fer de la troisième pile  tombèrent à terre.
« Je suis en train de me faire dévaliser »
L’assemblée arrêta à nouveau de tirer. Emily choisit un joli bracelet parmi les lots. Elle tendit la monnaie au forain, puis les filles prirent le large.
« A chaque fois c’est pareil, on nous prend pour des débiles, puis on les scotche. J’adore »
Talina approuva d’un signe de tête, car elle était trop occupée à regarder le piano placé sur le parvis du conservatoire. Emily remarqua que Talina ne l’écoutait plus, puis elle suivit son regard et vit l’instrument de musique.
« Et voilà, c’est reparti. »
  Un homme était assis face au piano, et il était en train d’interpréter un classique de Sigurdson, une sonate visiblement. Quelques personnes étaient assises sur les marches et semblaient écouter le pianiste, mais le gros de la foule s’en désintéressait totalement. Talina se rapprocha pour mieux entendre.
« C’est bien ce que je dis, tu ne m’écoute plus dès qu’il y a un piano  dans le coin.
- Tu crois qu’il est en libre accès ? demanda Talina.
- Oui. Ou non. On s’en fou.
- J’ai envie de jouer.
- Tali aime se faire remarquer.
- Rhaa tais-toi un peu. Viens, on se rapproche.
- Et voilà. Je hais ça. Typiquement. »
Talina était déjà loin. Emily soupira, et se résigna à la suivre. Talina aimait jouer du piano depuis sa plus tendre enfance, car dans sa vieille maison se trouvait un piano tout aussi vieux, qui avait été acheté par sa grand-mère. C’est elle qui d’ailleurs lui enseigna les bases, et lorsque la vieille Leary Vivaux expira, la jeune Talina continua à pratiquer de façon autodidacte. Elle rêvait d’entrer au conservatoire, mais la boutique familiale s’interposa. Si fabriquer des chapeaux était une vraie passion pour Talina, la musique l’était tout autant. Elle attendit la fin du morceau pour gravir les marches et s’approcher du pianiste. Il fixa les grands yeux bleus de Talina, puis en se relevant de sa chaise, lui lança :
« J’ai terminé, tu peux prendre ma place. Ne t’attend pas à un public en folie cependant.
- C’est plutôt un plaisir solitaire que je suis venu chercher. »
La réponse de Talina fit sourire le pianiste, qui agréa. Emily s’assit au pied d’une des grandes colonnes, afin de l’écouter jouer. Une fois Talina en place, son cœur commença à battre. Cette sensation que tous les regards sont sur vous, alors qu’elle savait que personne ne l’écouterait, les gens étant plus occupés à jouer et à boire, commençait à l’emplir toute entière. Le toucher du piano était excellent, les touches disparaissant à l’approche des doigts et les marteaux frappant les cordes de façon précise. Qu’aurait été sa vie, si elle avait choisi la musique ? Peut-être rien de plus. Elle aurait dû laisser son père et Emily, pour aller jouer partout ailleurs.

  Talina  choisit de jouer « Le chant des cigales », une chanson de Perle Epervier, sa chanteuse favorite. Elle était superbe, assise à ce piano, avec sa robe verte qui s’accordait parfaitement au rouge de ses longs cheveux. Les garçons assis non loin n’avait d’ailleurs pas manqué de la remarquer, ce qui lui ajouta quelques auditeurs supplémentaires.
Elle entama le morceau. Son jeu était fluide, le piano répondait bien et les pédales lui apportèrent une belle réverbération. Puis elle claqua le dernier accord de l’introduction, et commença à chanter.

Aujourd’hui je chante mon amertume
Je rêve toujours d’elle
Loin de ma vie de troubadour
C’est là-bas qu’est ma cour

Sa voix était parfaite. Pure, juste. Elle réussit à emporter avec elle les quelques personnes qui l’écoutaient jouer.


Elle me manque, ma fleur
Sache que même sans toi,
Sans regret, ni retour,
C’est là-bas que je finirais mes jours

Plus personne ne discutait sur le parvis. La tension de la dernière phrase se résolu en débouchant sur le refrain.


Je me souviens de jours plus vieux
Du temps perdu  d’avant les planches
Je me souviens du chant des cigales
Je me souviens du chant des cigales

Emily eu une sensation étrange. Quelque chose était anormal. Talina continua, avec encore plus de conviction et de force.

Ma vielle maison
Toute jaunie du sol au plafond
La rose dans le séjour
C’est là-bas qu’est l’amour

Un grand grondement survint. Les quatre flèches d’Endre du conservatoire se mirent à résonner. De puissante notes basses envahirent la place, et le métal, verdoyant plus que jamais, se mit alors à accompagner Talina sur le dernier refrain.

Je me souviens de jours plus vieux
Au temps d’avant les planches
Je me souviens du chant des cigales
Je me souviens du chant des cigales

Le courant qui animait la place était désormais figé. La foule toute entière fixait Talina. Plus un bruit. Talina, la tête dans le piano, termina le morceau. En relevant ses yeux, elle aperçut un millier d’hommes et de femmes regarder dans sa direction. Que venait-il de se passer ? Elle regarda vers Emily. Ses yeux marrons étaient grand ouvert.
« Talina, tu … Oh bordel ! »
Deux gardes approchèrent de la jeune fille aux cheveux rouges, tandis que le lointain grondement des flèches se dissipait.
« Mademoiselle, vous allez devoir nous suivre …»
Talina regarda une dernière fois Emily.
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Mk971

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 18 Aoû - 9:39

*-* ce fut ma réaction après avoir terminer ton premier chapitre. Tu décris vraiment ton univers, ce qui nous permet de bien nous immerger(J'ai encore le goût du Liel dans la bouche et les notes de musique dans les oreilles.) Et tes personnages deviennent de ce faite attachant, surtout la petite Talina( ça me fait penser à me petite soeur Taïna).
On voit que tu y as passer beaucoup de temps, ne serais-ce que pour la géographie et les noms (originaux soit dit en passant) que tu as donner à chaque chose. Et ensuite la mélodie que tu as pris la peine d'écrire toi-même, pas mal du tout.

Tu essais de faire de l'ombre à Karash, c'est ça?  
Si c'est la guerre que tu veux alors c'est partie!!   pleure 
Bon ok j'arrête je ne fais pas le poids    Tu es le plus fort

Mais plus sérieusement, ton histoire à du potentiel, mais le point négatif, enfin les points négatifs sont qu'il n'y ai pas de titre et pas de bon synopsis(Parcequ'il faut le dire, c'est le synopsis qui attire les lecteurs, j'ai faillie pas le lire ton histoire, parceque tu ne m'as pas donné envie de le faire, alors fait attention)
Bizarre que tu n'aies pas trouvé de titre, avec tout les noms qu'il y a dans ton histoire.
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 18 Aoû - 18:58

Merci beaucoup pour ta réponse, je vais d'ailleurs de ce pas découvrir ton histoire Smile

Sinon oui, il faudrait peu être que j'écrive un synopsis... Le titre, on verra plus tard, quand j'aurais une vision globale Smile
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Katsuki-san
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 18 Aoû - 20:29

*-* 

C'est... C'était...

 winner  J'ai adoré ! Pendant que je me laissais porté par le récit, le foutre-dieu de saltimbanque fasciste que je suis se mit à penser : "C'est bien joli, tout ça, mais je me demande où va aller l'histoire... L'univers est enchanteur, bien écrit/réalisé, la carte est monstre-classe, mais pour le moment, c'est surtout du "pièce de vie"..."

Et là, arriva le piano héhé  Généralement, quand un personnage chante, j'ai du mal à lire le texte en chanson. Là, disons que j'ai fais un effort, et que ça rendais bien x'D

Je me demande sincèrement ce qu'il s'est passé... J'ai lu quelque-part que la petite Emily KEE'V POWAAAAA !! ... Oui, j'écoute, et j'aime bien, surtout la chanson "Petite Émilie" vendait des pendentifs magiques (bidons, certes, mais quand même x'D) J'en déduit donc que la magie semble exister en ce monde (Ou je ne sais quoi dans ce genre là)

Aussi, quand je lisais, les personnages parlaient librement de leur univers en parlant de produits (le liel, par exemple) ou en parlant de villes lointaines (Lumille ou Mortetour) en n'ayant absolument rien à foutre que le lecteur ne piche rien du tout x'D (Comme s'il n'y avait pas de lecteur, en somme) Et ça, c'est un parti pris que j'aime beaucoup.

Bref, t'as intérêt de nous poster la suite rapidement, sinon je te poursuivrais où que tu te terres et je te forcerais à écrire la suite...  
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Némésis
La plus grande Warrior de tout les temps
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Jeu 21 Aoû - 16:45

Mk971 a écrit:

Mais plus sérieusement, ton histoire à du potentiel, mais le point négatif, enfin les points négatifs sont qu'il n'y ai pas de titre et pas de bon synopsis(Parcequ'il faut le dire, c'est le synopsis qui attire les lecteurs, j'ai faillie pas le lire ton histoire, parceque tu ne m'as pas donné envie de le faire, alors fait attention)
Bizarre que tu n'aies pas trouvé de titre, avec tout les noms qu'il y a dans ton histoire.


Alors là c'est seulement ton avis Mk ^^
Je suis personnellement une fervente allergique des synopsis. Ça te nique le suspense de la moitié du bouquin et c'est forcément ridicule. "Mais un jour Machin-truc sorti de l'ombre et seul le héro de la prophétie... blaaaaaablabla."
Les synopsis ça pue, tout les auteurs devraient mettre des extraits derrière leurs bouquin car c'est davantage le style qu'un condensé d'événement raconté en trois lignes qui attirent. Un mec peut te sortir le meilleur scénario de la terre: s'il écrit comme un gamin de trois ans ça marche pas, mais à l'inverse un mec qui sait écrire pourrait simplement te décrire sa manière de découper une poire que ça pourrait être captivant.
Encore une fois c'est mon avis mais quand je veux voir si un bouquin me plait; je lis la première page et jamais, ô grand jamais le synopsis.
Pis après, le titre, ça viendra et ça s'imposera tout seul quand il le faudra ^^
Mais bon après, chacun fait comme il veut Wink

Nept: Talina c'est bien la jeune femme que tu nous as dessiné récemment non? T'as réussis à la faire comme tu l'imaginais? Smile

C'est bien écrit et captivant, après au niveau du rythme des phrases des fois je trouve que ça coince un peu, que le regard pourrait mieux "glisser" mais rien de bien grave et de toute façon tu te ferais grave chier si t'avais pas de quoi progresser x)
Bref, j'attends moi aussi la suite avec impatience!
Tu prévois d'être régulier comment? ^^ Parce que si c'est un posts tout les deux mois je vais être dég x)

PS: en plus c'est maintenant si rare de lire des trucs sans trois fautes d'orthographe par mot que mes yeux ont jouis en deux phrases ^^
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 25 Aoû - 11:27

Pour la régularité je vais tenter le 1 par semaine (on y croit!)
Pour le dessin, oui c'est bien elle, encore deux trois modifs et je pense qu'au prochain essai elle sera pile poil comme il faut ! Smile

Place à la suite!!!











II. Je veillerais sur toi.


« Tu vas devoir la protéger »
Ces mots résonnèrent dans l’esprit de Kalan. Il était sous le choc. Pourtant, il savait que ce jour arriverait, et il s’y était préparé. Depuis trois ans, il faisait partie de la garde verte, et depuis trois ans,  il n’avait pas cessé de s’entrainer ; à l’épée, à l’arquebuse, à l’arc, au mousquet, à la lance, au bouclier. Néanmoins, lorsque le capitaine le convoqua, en cette fin d’après-midi d’été, pour lui annoncer la nouvelle, Kalan fut pris de panique. Après tout, pourquoi lui ? Il y avait de très bonnes recrues dans la garde, sans parler du capitaine lui-même, alors pourquoi lui ? Il n’avait encore jamais protégé personne, et il en ignorait tous les tenants et aboutissants. Protéger, c’est un mot. Un très joli mot. Mais derrière ? Fallait-il se méfier de la terre entière ? Devrait-il se plier à toutes les volontés  de cette fille ? Devrait-il rester éveillé la nuit à son chevet ? Le capitaine lui avait enseigné tout ça, mais Kalan n’était pas sûr de lui. Et puis qui était-elle ? La nouvelle avait vite fait le tour de la ville.  Plus tôt dans la journée, une fille aux cheveux de feu avait réussi à faire entrer  en résonnance les flèches d’Endre du conservatoire de la place des lavandes. Et maintenant il allait devoir la protéger. A quoi pouvait-elle bien ressembler ? La curiosité qu’entrainait cette question concurrençait en Kalan son sentiment de panique. Le devoir premier de la Garde Verte, protéger ceux dont la voix peut accomplir des miracles. Ce crédo, il l’avait appris, et il était encré au fer rouge au plus profond de son être. Trois années. Cela faisait trois années depuis « l’accident » de la grande cathédrale. Trois années qui avaient étés difficiles. Mais Kalan n’aimait pas ce genre de pensée, l’avenir était devant lui, et à l’avenir, il devrait la protéger.


Le capitaine Daral conduisit Kalan à travers les couloirs du palais de Justice. C’était un homme vieux, abimé par le temps, et l’on pouvait lire sur son visage toutes les épreuves qu’il avait traversées. Maximilien Daral était le fondateur de la garde Verte. Il créa celle-ci dix-huit ans plus tôt, afin de maintenir en sécurité les Endéistes. La garde était composée d’une dizaine de membres et du capitaine. D’ailleurs, c’était plus un sous-groupe de l’armée voué uniquement à la protection des chanteurs qu’une entité séparée. Avant cela, il avait pris une part importante dans la lutte contre les fils de l’étoile , et c’est lui qui avait mis fin leur tentative de révolte. Le capitaine Daral était un véritable héros. Désormais âgé de presque soixante-dix ans, il avait toujours le sourire, et sa grande sagesse imposait le respect. Il était toujours juste, toujours de bon conseils, et c’était le meilleur instructeur que l’on pouvait rêver avoir.


Ils arrivèrent au bout du couloir, puis empruntèrent l’escalier menant au troisième étage. Plus Kalan se rapprochait, plus il pensait à Judith. Tu ne peux pas changer le passé, alors contente toi d’aller de l’avant, lui répétait sans cesse le capitaine lors des moments de doutes. Kalan détestait y repenser. Il entra dans la garde verte trois ans plus tôt, le jour même où sa grande sœur se vit confier le titre d’Endéiste. Sa voix avait la faculté de pouvoir entrer en résonnance avec l’Endre, et lui, en tant que gardien, il devrait la protéger de tout danger. Alors que le titre d’Endéiste n’avait plus qu’une valeur cosmétique depuis les évènements qui s’étaient déroulés quinze ans plus tôt, la voix de Judith était tellement exceptionnelle qu’elle fut tout de même choisie pour interpréter le « chant des armées » dans la grande cathédrale en Endre de Vaelta. Celle-ci mesurait plus de quatre-vingts mètres de haut au niveau de sa flèche centrale, et était bâtie sur la colline au centre de la ville, la dominant de toute sa masse et de sa splendeur architecturale. Ce jour-là avait marqué à vie le jeune homme. La foule venue assister au chant, ses parents, fier de voir un tel honneur confié à leur fille, et puis les dernier mot de Judith : « Arrête de faire la gueule et d’être si stressé. Quand je ressortirais de l'antichambre, tu me fera le plaisir de sourire. » Elle n’était jamais ressortie. Tout s’était passé si vite. Le début du chant. La cathédrale rutilant de vert. Et puis le corbeau. Kalan  s’empressa de chasser ces songes de son esprit.


Ils y étaient. Elle se trouvait derrière la porte. C’était une très belle porte. En bois massif, pas peinte en son cœur, mais bordée de violet. Les menuiseries étaient fines, et riches en détail. Kalan se demanda combien pouvait couter une porte comme celle-là. Mille cinq-cents ditras ? Trois mille ? Dix mille ? C’était la plus belle porte qu’il n’avait jamais vu. Il hésita un instant avant de l’ouvrir. Sa vie aller changer, sans savoir comment. Le capitaine, voyant Kalan bloquer, tira la poignée. Derrière elle se trouvait une salle magnifique, surement le bureau d’un juge, ou une petite salle de réception. Kalan, en regardant le plafond, trouva les moulures beaucoup moins belles que les reliefs de la porte. Il aurait pu les observer toute la fin de la journée. Mais il finit par se forcer à baisser les yeux. Au fond de la salle, sur une petite chaise, son avenir avait pris la forme d’une fille. Elle portait une robe verte, avait des cheveux rouge feu, et ses yeux était d’un bleu profond, humides. Elle vient de pleurer, songea Kalan. Il la trouva belle, et impressionnante à la fois.
« Est-ce que je peux m’en aller maintenant ? demanda la jeune fille.
- Je suis désolé de vous avoir fait patienter tout ce temps, réplica le capitaine. Il me fallait régler encore deux ou trois choses avant de pouvoir vous en dire plus.
- Laissez moi juste m’en aller … »
Sa voix était tremblante, et Kalan ne savait que faire. Il avait envie de la consoler, de lui dire qu’elle n’avait aucune raison de pleurer, mais le capitaine intervint :
« Kalan, assied toi. »
Il s’installa sur la chaise voisine à la jeune fille, tout en étant assez mal à l’aise, si proche d’elle.
« Talina c’est bien cela ? » Demanda le capitaine. Elle fit un signe de la tête. « Sais-tu pourquoi tu es ici ?  Le ton du capitaine était doux.
- Non. Enfin, oui, je me doute. Je ne sais pas. Je n’ai rien fait, ce n’est pas moi, laissez-moi m’en aller…
- Tu es une Endéiste. Comprend tu ce que cela signifie ? »
La question resta sans réponse. Kalan, en regardant le capitaine, le trouva tendu. Etrange.
« Bon, fit le capitaine. On ne peut se risquer à perdre plus de temps. Kalan, tu lui expliquera tout en chemin. »
Talina et Kalan répondirent d’une seule et même voix : « En chemin ? »
« Voici vos billets de train. Vous quittez la capitale. »
La bouche de Kalan s’ouvrit tellement qu’il aurait pu y glisser son poing sans effort. Il était sous le choc. Quitter la capitale ? Comme ça ? D’un côté, cela faisait sens. On ne pouvait prendre le risque de revivre les évènements d’il y a quinze ans et d’il y a trois ans. Si elle restait là, le corbeau frapperait encore. « Je comprends », fut la seule réponse qu’il trouva appropriée. La fille s’effondra. Quoi de plus normal ? Il ne pouvait imaginer ce qui devait être en train de se passer dans sa tête, et lui non plus ne souhaitait pas quitter Vaelta. Et puis pour aller où ? Combien de temps ?  


Le chemin jusqu’à la l’extérieur se fit dans un silence de mort. Le capitaine devant, ne disait mot. Talina non plus. Kalan ne savait que faire. Sur le chemin, il pensa à Judith et à ses parents. Après avoir descendu deux étages et avoir traversé le hall de réception, ils arrivèrent dans la cour du palais de justice. Le bâtiment avait une forme en « U », et dans sa cour intérieure étaient garés de nombreux véhicules, des calèches, une obéissante, et quelques mancelles. Deux hommes accueillirent le capitaine, puis firent signe de monter à Talina et à Kalan. Une fois installés dans les fauteuils se trouvant au milieu de la mancelle, le capitaine vint se mettre à leur niveau.
« Le train vous déposera à Mortetour. Une fois là-bas, tachez de rester discret pendant environ deux semaines, le temps que l’agitation retombe. Ensuite, revenez me voir, nous aurons une discussion. Kalan, n’oublie pas tout ce que je t’ai dit. A bientôt.» Il s’éloigna, et le premier homme se plaça devant pour diriger le véhicule tandis que le second se plaça à l’arrière, au niveau de la chaudière verticale actionnant le moteur situé à l’avant. Ils sortirent de la cour à petite vitesse, au rythme des trois cylindres du moteur à vapeur. Au bout d’une centaine de mètres, Kalan se décida à briser la glace.
« Ton nom est Talina n’est-ce pas ? Je suis Kalan, Kalan Coediban.
- Je n’ai pas envie de te parler. »
Ce coup de fusil fit taire Kalan. Talina regardait passer les bâtiments, les gens et les rues de la ville ; ou bien son regard était perdu dans le vide. Kalan n’était pas sûr. Il se lança à nouveau.
« Tu sais, moi aussi je vis assez mal la situation, je m’attendais pas à partir comme ça et…
- Ah oui ? »
Talina sortit de son silence. Avec les yeux remplit de rage, elle répondit à Kalan.
« Tu vis mal la situation ? Tu sais ce que je vis ? Des gardes m’arrêtent sans m’en donner la raison, on me colle dans une pièce pendant des heures, puis après on vient me dire que je suis une Endéiste et que je dois partir de la ville sans plus tarder ! Comment tu peux me dire que toi aussi, tu vis mal la situation ?
- Ecoute, je…
- Et le pire dans tout ça, c’est qu’on ne me laisse même pas prévenir mes amies, ni mon père ! » Talina s’arrêta, et des larmes montèrent à ses yeux.
«  Je suis désolé pour ça…
- Désolé ? Ma mère est partie du jour au lendemain, elle nous a abandonné, et là je suis en train de faire la même chose ! Je laisse mon père seul, je lui brise le cœur à nouveau. Alors qui que tu sois, je te hais, et je hais ton capitaine ! »
Kalan accusa le coup. Il releva ensuite le visage de Talina avec sa main droite.
« Tu me hais, très bien, tu en as le droit, mais maintenant tu vas m’écouter attentivement. Si je suis là, c’est pour te protéger et empêcher qu’il t’arrive quoi que ce soit. Tu n’es pas sans connaitre le corbeau n’est-ce pas ? Il a tué sa femme qui était Endéiste, dans la grande cathédrale, il y a dix-huit ans. Ensuite il a disparu. Il y a trois ans, je suis rentré dans la garde verte le même jour ou ma sœur a été sacrée Endéiste. Puis, deux mois plus tard, le corbeau l’a tué, au même endroit où il a tué sa femme. Je l’ai vu faire irruption dans le hall de la cathédrale, et je l’ai vu pénétrer dans l’antichambre. Je l’ai vu ressortir. Je n’ai pas vu ressortir ma sœur. Alors je t’autorise à trouver la situation très triste, mais tu ne m’empêchera pas de veiller sur toi.»


Le reste du trajet se fit dans un silence gêné. Kalan tendit un manteau de voyage à capuche afin de cacher les traits de Talina.
Au bout d’une dizaine de minutes, ils aperçurent enfin la gare. Elle était immense, avec sa charpente métallique et son toit de verre. C’était l’une des première au monde, construite il y a seulement quatre-vingt-cinq ans, et, malgré l’oxydation qui s’était emparée des statues en bronze et de la charpente, elle conservait sa splendeur. Sa structure tout en acier la rendait unique en son genre, telle une immense verrière posée là, en pleine ville. Talina descendit de la mancelle, talonnée par Kalan. Ils passèrent sous l’arche principale, qui représentait les deux déesses Nazal et Aguamal s’enchevêtrant de manière élégante. Le hall de la gare était lui aussi décoré aux couleurs de la fête qui se déroulait à l’extérieur. De nombreuses guirlandes de couleur étaient accrochées le long des rambardes. Sur chacune s’alternaient un fanion rose, un fanion vert avec une étoile et un fanion bleu. Respectivement, les couleurs de Vaelta, de l’ex-royaume de Tour-Etoile et de Lumille. De nombreux voyageurs se trouvaient dans le hall. Talina les regardait tous, elle semblait chercher quelqu’un. Kalan fit lui aussi voyager ses yeux vers les visages des gens présents, se demandant d’où ils venaient, où ils allaient, qui ils attendaient. Personne n’allait les attendre, eux, à Mortetour. Kalan ne connaissait que très peu la ville, n’y étant allé qu’une paire de fois. L’important allait être de trouver un endroit où passer la nuit en arrivant. Le capitaine avait donné à Kalan une bourse de ditras avant de partir, mais bien qu’ayant largement de quoi survivre pendant deux semaines, il ne fallait pas non plus tout gaspiller sans réfléchir. Suite à ces songes, ils passèrent sous le porche conduisant aux voies. La gare de Vaelta en possédait quatre destinées aux voyageurs et huit réservées au fret, situées de l’autre côté des quais. Leur train devant les conduire jusqu’à Mortetour était déjà là, en voie une. Celui-ci était tracté par une locomotive Crampton, avec sa belle couleur noire et ses trois essieux. Cette locomotive assez récente pouvait atteindre des vitesses dépassant les cent kilomètres par heure. Kalan avait toujours été fasciné par les machines à vapeur, sans en connaître plus précisément les détails techniques, mais cela ne l’empêcha pas de trouver cette locomotive absolument impressionnante. Entre deux coups d’œil sur la machine, il vérifiait qu’aucun comportement étrange n’émanait des autres voyageurs. Talina le sortit de sa vigilence en lui demandant l’heure. Il sortit sa montre à gousset. « Il est vingt heure moins cinq. » Talina sourit, sans que Kalan arrive à bien cerner pourquoi. Après avoir jeté un dernier regard vers les autres quais, ils s’installèrent dans le train venant de Peyrône. Talina se plaça contre la fenêtre, et Kalan s’installa juste à côté. En face d’eux se trouvait un jeune homme, allongé en travers sur deux places et dormant la bouche grande ouverte. Talina regarda en direction de la voie numéro deux. Une locomotive entra en gare.  En moins d’une demi seconde, elle bondit de son siège et fonça vers la sortie. Kalan la rattrapa au moment au elle allait passer la porte. Le train se mit en marche. Talina hurla. « Laisse-moi partir ! Laisse-moi rejoindre mes amies ! MALY, EMILIE ! AIDEZ MOI ! ». Son cri se perdit dans la fureur du grondement de la locomotive, et alors qu’elle regardait l’incroyable verrière s’éloigner, elle s’effondra en pleurs au sol. Kalan, essaya de la relever pour la consoler. Talina le repoussa avec ses deux mains. Sans un son, elle se releva pour le regarder dans les yeux avant de faire volte-face. Elle se mit à rire. Un rire jaune. « Maintenant il semblerait que je ne puisse plus faire machine arrière, mes félicitations, Kalan. »  
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Némésis
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 25 Aoû - 15:42

Lu et approuvé.

Je langui de voir ce que tes Endéistes sont capables de faire Wink
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Katsuki-san
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 25 Aoû - 20:48

Yep, tout pareil o/

Que de mystères concernant ce corbeau et ce pouvoir que possèdent ces Endéistes o/

(Corbeau... RAVIEL, T'AS QUELQUE-CHOSE À VOIR AVEC ÇA ?! Maha.)
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Mer 3 Sep - 22:58

Merci pour vos réponses Smile
Voilàa la suiiiiiiiiiiiiite








III. Criss, le tout puissant.


La bataille faisait rage. Au cœur de la mêlée entre les derniers humains et les infectés, Criss menait la charge, débordant la ligne de front par l’Est, sur son gigantesque palefroi noir. Son armure épaisse rutilait d’or et de jade, et de nombreuses pierres précieuses étaient incrustées sur ses épaulettes. Il portait une cape rouge, longue de plusieurs mètres et flottant au grès des charges et du vent fouettant le champ de bataille. Enfin, sa magnifique épée, Létale, découpait les démons fongiques avec une facilité déconcertante, comme si ceux-ci n’étaient fait que de vulgaire mousse. Alors qu’ils pénétrèrent dans l’ost ennemi telle une volée de flèches fusant dans les airs, Criss descendit de sa monture et fonça tête baissée au travers de la nuée moisie. Il tranchait à gauche, tranchait à droite, sans faire attention aux créatures l’entourant. Il poursuivait un tout autre but : leur chef. Commandant ses troupes depuis son imposant trône en Endre, le Roi des fongus était coiffé d’une couronne d’os, et il mesurait plus de trois mètres de haut. Il semblait s’enraciner profondément dans sa chaise, et de nombreux insectes avaient élu domicile à l’intérieur de son corps. Cela n’impressionnait pas Criss Otvald, le tout puissant chef des armées et protecteur des humains. Derrière lui se dressait la citadelle de Teraliel, dernier rempart des hommes face à l’infection qui avait décimé toute les autres terres de la planète. Le règne fongique avait pris le dessus, et Criss était le seul à pouvoir sauver l’humanité. Il prit appui sur l’un des généraux qu’il venait de tuer, et bondit en direction du Roi Fungus. Son épée s’abattit tel un coup de tonnerre et il fracassa la couronne se trouvant sur le chef du roi. Létale le traversa de part en part, et c’est à ce moment précis que son ami Coral Havard, le grand Endéiste, entonna son chant légendaire, seul chant ayant la propriété d’anéantir les démons infectés. La grande flèche d’Endre de la citadelle entra en résonance avec lui, et la chanson porta jusqu’au champ de bataille, situé à plus de deux kilomètres de là. Létale, l’épée en Endre, se mis alors à résonner au son porté par les flèches, et, fichée dans le trône du Roi Fungus, elle l’entraina en résonnance à son tour. L’armée noire se mit alors à se décomposer, comme des cendres que le vent aurait balayé. La victoire était à eux. Il resterait encore à décontaminer les terres pendant de nombreuses années, mais l’armée du mal avait été défaite, et les humains vivraient. Criss fut accueilli en héros. De nombreuses femme vinrent se jeter à ses pied. L’une d’elle se dévêtit presque entièrement. Les autres firent de même. C’était le plus beau jour de l’histoire de l’humanité, et de la vie de Criss. La plus belle s’approcha de lui et lui susurra :
« Hé mec, ça va aller ? »
Criss s’étonna. Alors que le sens de cette question lui échappait, la superbe femme se transforma en un homme aux yeux bleus, au cheveux noirs et à la barbe courte. Les autres disparurent. Une seule demeura, et elle avait les cheveux rouges.
« Il se réveille, tu l’as réveillé, bravo.
- Il commençait à gigoter dans tous les sens, je voulais être sûr qu’il aille bien !
- Il dormait, Kalan, il n’allait pas mourir. »
Alors que Criss revenait à lui peu à peu, il vit devant lui un étrange couple en train de se chamailler. La fille avait une mine triste, et elle n’arrêtait pas de crier sur le garçon, qui avait l’air désemparé. Putain, c’est pas vrai, on me laissera jamais dormir tranquille.


Criss se frotta les yeux, et se releva avec beaucoup de difficulté.
- C’est ta copine ? Elle a l’air pas bien, tu devrais t’excuser … »
Le jeune homme s’agaça. La fille le regarda lui lança : « Il a raison, c’est la moindre des choses.
- Sérieusement ? Je devrais m’excuser de quoi au juste ?
- De m’avoir enlevé, de m’avoir empêché de prendre au moins le temps de prévenir mes proches. »
Criss trouva la situation assez amusante. Il était curieux, il voulait en savoir plus. Alors pour en savoir plus, il jeta de l’huile sur le feu.
« Un kidnapping ?!
- Non ! Ce … ce n’est pas ça ! » Le garçon commençait à s’énerver. Il s’approcha de sa voisine et lui murmura : « Talina, sois plus discrète, je t’en prie. Ce n’est pas un jeu. » Criss ne manqua pas l’avertissement. Talina, un très beau prénom. Il vit qu’elle le fixait.
« Comment tu t’appelles ? questionna-t-elle.
- Criss ! Criss Otvald. Et vous ?
- Lui c’est Kalan, moi c’est Talina. On va à Mortetour.
- Talina ! Interjeta Kalan.
- On va y passer deux semaines. Ça va être génial ! J’ai tellement hâte, ironisa-t-elle.
- Vous êtes en couple ? » Demanda Criss afin de rassasier sa curiosité maladive.
Elle rit.
« Non, c’est mon ravisseur. Adieux ma liberté. Cependant, il a oublié les chaines. C’est un piètre ravisseur, je te l’accorde.
- Tout ceci est grotesque, souffla Kalan.
- Et toi, où vas-tu ? »
Criss ne savait que répondre. Si un adjectif devait le qualifier, ce serait « insipide ». Pendant ses études, il avait toujours été très moyen, il n’avait pas beaucoup d’amis, mais il avait une famille. Ça c’est important, se disait-il. Il n’avait jamais connu de drame personnel, et les choses les plus tristes qu’il avait vécu dans sa vie avaient été ses échecs amoureux. Rien de bien palpitant. Il n’était pas très sportif, pas très créatif, mais il possédait une grande passion : l’histoire. C’est à cause de celle-ci qu’en ce dimanche 7 août de l’année 626, il avait décidé de quitter la maison de ses parents afin d’aller tenter sa chance à Mortetour, ville réputée pour le nombre d’historiens qu’elle accueille en son sein.
« Je … Je vais a Mortetour. Je ne sais pas encore où exactement, mais je souhaite étudier l’histoire.
- L’histoire ! C’est un sujet passionnant. » Elle eut un sourire malicieux.
« Pourquoi tu ne viendrais pas avec nous ? »
La réponse de Talina le prit par surprise. Après tout pourquoi pas ? Cette remarque sembla toutefois être la goutte d’eau qui fit déborder Kalan.
« Non. Stop. Talina, tu es énervée, très bien, mais maintenant ça suffit. Tu ne peux pas demander à un étranger de nous suivre. Arrête de jouer avec mes nerfs.
- Ce n’est pas un étranger, répliqua-t-elle, c’est le grand Criss Otvald, le célèbre historien. »
Elle essaie de le pousser à bout, se rendit compte Criss. Cependant, le titre qu’elle venait de lui donner lui plut. Ces deux-là cachent quelque chose. Il tenta de questionner Talina.
« Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais pourquoi t’a-t-il « enlevé » ?
- Parce que je suis la nouvelle E...»
Kalan couvrit la bouche de Talina. Il la prit par le bras, et la traina dans un autre wagon. Criss pesta. J’aurais dû la jouer plus finement.


Son instinct fouineur prit alors le dessus. Je veux savoir. Il se leva de son siège, et se faufila entre les bagages qui encombraient l’allée centrale afin de les suivre. Il passa discrètement dans le wagon suivant, et il vit les cheveux de Talina trahir leur nouvelle position. Deux sièges isolés. Il vint alors à pas de loup s’installer derrière eux. Il tendit l’oreille pour les espionner. Kalan était en train de sermonner Talina.
« Je te demande de ne pas recommencer. Tu rends la chose difficile. Ce n’est pas mon choix, ce n’est pas ma faute si nous sommes dans ce train. Je suis les ordres.
- Tu suis les ordres comme un gentil petit soldat. Ton capitaine te donnera un sucre à ton retour.
- Arrête. Tu n’étais pas en sécurité à Vaelta. La nouvelle va se répandre, il nous faut te maintenir à l’abri du Corbeau … Ou d’autres menaces. »
Un soldat. Il la protège. Ils ont parlé du Corbeau. Pourquoi la protéger du Corbeau ? Elle a failli cracher le morceau. C’est la nouvelle E… Oh Putain ! Criss comprit. C’est une Endéiste ! C’est la putain de nouvelle Endéiste ! Cependant, quelque chose n’était pas clair. Supposément, lorsqu’une nouvelle Endéiste se déclare, elle est alors immédiatement sous protection rapprochée de l’armée ou de la garde verte. Alors pourquoi partir se cacher à Mortetour ? La question le dévora de l’intérieur. Tant pis pour ma couverture. Il rapprocha sa tête de banquette située devant lui.
« Bon je sais que ce n’est pas bien d’écouter les gens parler à leur insu, mais quelque chose cloche.
- Tu nous as suivi ? Je ne vais pas être amical très longtemps.
- Laisse le parler Kalan ! Comment ça quelque chose cloche ?
- Et bien, bon, comme tu as presque craché le morceau tout à l’heure, j’ai deviné qui tu es.
- Super, bravo Talina ! soupira Kalan.
- Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien. Cependant, il y a un truc qui m’échappe. Normalement, lorsqu’un Endéiste se déclare, il est mis immédiatement sous protection, puis il est présenté au peuple. Il ne se cache pas, ça n’a pas de sens. Tu as dit que tu suivais les ordres, or ces ordres ne suivent pas le protocole. Je ne comprends pas.
- Je… euh... » Kalan fut pris au dépourvu. Il argumenta.
« Mon capitaine, le chef de la garde verte nous as envoyé à l’écart, pour la protéger pendant que la situation se calme. Ce sont ses mots.
- Désolé, mais c’est absurde. En attendant que quelle situation se calme ?
- Cet après-midi, j’ai fait résonner les flèches d’Endre du conservatoire de musique. Devant un millier de personnes, avoua Talina.
- Il en sait trop, pesta Kalan.
- Alors il ne te reste que deux options, me tuer ou me laisser vous accompagner. »
Criss n’était pas peu fier de lui. Il venait de tomber sur la nouvelle Endéiste, et il allait pouvoir la suivre quelque temps. Il pourrait en profiter pour étudier son pouvoir, pour mieux comprendre. Il pourrait ensuite rédiger des notes sur les facultés de Talina, et entrer dans le cercle très fermé des théoriciens de l’Endre. Ou alors Kalan allait le tuer, là, tout de suite.
« Il est très fort, s’amusa Talina. »
- Désolé, mais je suis dans l’obligation d’appliquer la procédure judiciaire m’autorisant à exécuter quiconque portant atteinte à la sécurité de l’état, déclama Kalan d’un ton froid. »
Criss passa du rose au blanc. Son cœur s’arrêta. Bravo, tu es un sombre idiot, ta soif de notoriété va te couter la vie.
« Non, je plaisante, mais au moins tu es prévenu. Est-ce que tu connais Mortetour ? Tu pourrais nous faire visiter. »
Le cœur de Criss se remis à battre.
« Oui, j’y suis déjà allé quelques fois. Je peux vous faire faire un tour et vous donner quelques adresses.
- Entendu. »
Talina esquissa un sourire. Elle n’a pas l’air de le détester autant qu’elle le dit. Cependant il se méfie de moi comme de la peste, mieux vaut ne pas le contrarier.
« Cette histoire de mise à l’écart me parait étrange à moi aussi, Kalan. Est-ce que ça a été pareil avec ta sœur ? »
Sa sœur. Kalan. Putain, j’aurais dû réfléchir. Je savais que je connaissais ce nom. Kalan Coediban, frère de Judith Coediban. Dernière Endéiste, tuée il y a trois ans par le Corbeau. Je comprends maintenant pourquoi il se méfie autant.
« Non, mais c’était différent. Cela faisait quinze ans que le corbeau avait tué sa femme, on pensait qu’il avait disparu, et que c’était un crime passionnel.
- Alors pourquoi s’en prendre à ta sœur ?
- C’est arrivé au moment au elle allait interpréter un chant militaire qui aurait pu être relayé à toute les autres cathédrales, expliqua Criss. Il y a dix-huit ans, ils ont tenté l’expérience avec la femme du corbeau. Le but était de se servir d’une technique particulière qui aurait permis en quelque sorte d’amplifier le chant et de le transmettre à tous les avant-postes stratégiques du territoire. Ainsi, plus besoin d’avoir un Endéiste par avant-poste afin d’assurer la sécurité, si tout peut être contrôlé via la cathédrale de Vaelta.
- C’est … compliqué, murmura Talina.
- Bon en gros, il s’avère que pour une raison inconnue, la voix de certaines personnes puisse entrer en interaction avec l’Endre, exposa Kalan. Ainsi, on peut rendre ce métal plus tranchant, le rendre brulant, le geler, etc. Tout dépend de ce que l’interprète chante. Je te laisse imaginer les applications militaires.
- Ce qu’il ne te dit pas, c’est qu’il y a très longtemps, avant que tous les filons d’Endre ne tombent à sec, et je parle d’il y a au moins six cent ans, l’Endre était utilisée pour soigner, créer, communier avec les dieux de l’époque. Bref, pour la paix, pour l’art. Le peu d’Endre qui a réussi à traverser les époques se trouve sur les cathédrales ou certains édifices. Sauf qu’il y a quatre-vingt-quinze ans, Jonathan Gills Wibard a réussi à mettre au point un procédé pouvant changer le fer en Endre. La suite, tout le monde la connait. Mise au secret du procédé, production d’Endre en masse, enrichissement des Wibard, développement des industries. Avec l’escalade des tensions avec les monarchies de Aguamal, fabrication d’armes en Endre, construction d’avant-postes. Instrumentalisation des Endéistes. Fin.
- Tout cela pour dire que le Corbeau a tué sa femme et ma sœur car elles allaient entonner un chant qui aurait permis d’améliorer considérablement la sécurité du pays. Du coup, certaines rumeurs laissent penser qu’il serait en fait à la solde des royalistes ou des rebelles à la bannière étoilée, enfin plutôt de leurs descendants, les fils de l’étoile.
- Ca c’est la version officielle que l’on te sert pour diaboliser les partisans des anciennes monarchies. En vrai on en sait rien, contesta Criss.
- Du coup, si il ne s’attaque qu’aux Endéiste ayant décidé d’entonner ce chant, tant que je ne le fais pas, je suis plus ou moins en sécurité non ?
- C’est pour ça que je te dis que ça n’a pas te sens de vous envoyer si loin. Bref, de toute façon, une fois à Mortetour j’irais consulter les archives royales et les bouquins de la bibliothèque nationale, pour en savoir un peu plus sur tes pouvoirs.
- Ne t’emballe pas, je ne t’ai pas encore autorisé à nous suivre, répliqua Kalan.»
La suite du trajet se fit dans une ambiance moins tendue. Kalan se décrispait peu à peu et Talina semblait moins fataliste à propos de sa situation. Criss commençait à se nouer d’affection pour ces personnes. Ce n’avait jamais été un problème pour lui de faire de nouvelles connaissances. Sa nature avenante mettait généralement rapidement en confiance, mais malgré cette facilité, il n’arrivait pas tisser des liens solides. Les gens le décevait toujours, car il attendait trop d’eux.


Au bout de deux heures de trajet, Talina s’endormi. Kalan cependant, n’avait pas l’air d’avoir envie de fermer l’œil. Il prend son rôle très à cœur, malgré son air de gros con. Ils ne s’adressèrent pas la parole durant la suite du voyage.

Le train arriva à Mortetour aux environs de vingt-trois heures. Kalan réveilla doucement Talina qui n’avait rien entendu du vacarme produit par le tintement des cloches sonnant l’entrée en gare. Les trois compagnons de route descendirent du wagon et suivirent les autres passager jusqu’à la sortie de la gare. Une fois dehors, la vue était saisissante. Mortetour était une ville construite sur une colline, et depuis la gare, située dans la plaine, on avait une vue en contre plongée qui donnait l’impression que la ville allait vous avaler telle une vague déferlante. On pouvait aussi discerner malgré l’obscurité la grande majorité de ses tours ; la ville en comptait très exactement seize. Enfin, la lumière de la lune permettait d’apercevoir au sommet de la colline l’ancien palais royal, une demeure outrageusement gigantesque, mais qui depuis cent ans était devenue un complexe réservé aux sciences. Les nombreux ouvrages contenus dans la bibliothèque royale étaient une mine d’or de savoir. Seul l’aile principale du palais était devenue le siège du pouvoir actuel, occupé par deux présidents et leur conseil. Cette vue sembla happer Talina.
« C’est … impressionnant.
- Surtout avec cette obscurité, confia Criss, la cité semble vivante. Chaque lueur est un œil, et c’est un millier d’yeux qui sont en train de nous observer. La bête à déployé ses griffes, et celles-ci sont en train de déchirer le ciel.
- Ca me glace le sang, murmura Talina.
- Les yeux sont des fenêtres éclairées par des lampes, et les griffes des tours, interrompit Kalan. Nous devrions trouver une auberge ou un hôtel.
- Casseur d’ambiance… »
Après avoir demandé conseil à l’accueil de la gare, ils se mirent en route vers un hôtel assez proche, certes peu luxueux mais susceptible de pouvoir les héberger pour la nuit.


L’établissement se nommait « Le Lafougère » dans la pure tradition de tous les hôtels pas chers de Nazal. Afin de guider le voyageur perdu, la coutume voulait que les hôtels assez abordables porte des noms de plantes, tandis que les places un peu plus haut de gamme portaient des noms d’animaux. Enfin, les endroits les plus chics portaient des noms de savants, de héros ou de chanteurs. La porte d’entrée grinça lorsque Kalan la poussa. Malgré sa modestie, le Lafougère n’était pas miteux, et même plutôt accueillant. Le bois et les colombages apparents donnaient à cet établissement un charme certain, même si le moindre incendie pouvait le réduire en cendre en dix minutes. Le concierge accueillit les voyageurs chaleureusement. Il était gros, portait une moustache vrillée et son pull à carreau datait d’un autre âge. Pour une poignée de ditras, ils louèrent deux chambres pour la nuit. L’homme les conduisit au deuxième étage de la bâtisse. Les escaliers étaient étroits, et on ne pouvait pas s’y engager sans rafler les murs. Criss imagina le gardien se coincer et se retint de rire. Une fois arrivé devant la porte de leur chambre, le concierge leur adressa les mots suivants :
« V’ci pour vous. N‘yez pas peur des bruits d’main matin, les oiseaux dérapent souvent sur l’toit. P’ssez une bonne nuit. »
La première chambre était étroite. Un lit double, un lit simple. Une fenêtre qui tenait plus de la meurtrière qu’autre chose. Les traverses de la charpente vous obligeant à vous baisser pour ne pas vous cogner. Mais un lit est un lit.
« Il va bien sur sans préciser que le lit double est pour moi, annonça Talina.
- Il va nous falloir nous acheter quelques affaires demain, enchaina Kalan. Nous n’avons que les manteaux de voyage que nous a donné le capitaine. Avec l’argent qu’il m’a confié, on devrait pouvoir s’en sortir sans trop se priver.
- Je pense qu’après votre séance boutique nous pourrions nous rendre à la bibliothèque royale, histoire de faire quelques recherches.
- Criss, je tolère ta présence encore demain. Après, tu devras nous laisser. »
Talina s’interposa.
« Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose qu’il reste avec nous. Après tout, on va devoir rester ici pendant deux semaines, alors si parler d’histoire et me renseigner sur mes facultés peuvent m’aider à tuer le temps, je prends. Tu me doit au moins ça. »
Criss fut soulagé. Deux semaines pour essayer d’en tirer un maximum. Kalan affichait une mine renfrognée.
« Nous verrons demain, si il arrive à se rendre utile. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit. »
Criss traversa le couloir pour se rendre à sa chambre. Elle tenait plus du placard qu’autre chose. Un lit, pas de fenêtre. Mieux vaut ne pas être claustrophobe. Criss s’allongea, et s’endormi rapidement. Point de bataille épique cette fois, ni de femmes dévêtues. Juste une fille en vert avec des cheveux rouges, et à ses côté un garde du corps prompt à dégainer face au moindre danger.



Il se réveilla bien après le lever du jour. Il enfila ses vêtements et partit toquer à la porte de Talina et de Kalan. Pas de réponse. Il insista quelques minutes, puis descendit en trombe les escaliers, sans manquer de se cogner violemment contre les murs. Il demanda au gardien, tout haletant : « Où sont les personnes avec qui je suis arrivé hier soir ? Une fille aux cheveux rouges et un garçon aux yeux bleus ?
- Sont partit v’la plus d’une heure. »
Criss était dégouté.
Salopard.
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Katsuki-san
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Jeu 25 Sep - 20:17

Voilà, j'ai ENFIN terminé de lire ce chapitre.

L'introduction du nouveau personnage est absolument épique ! Pas d'autres mots ! Mais, le seul vrai défaut du chapitre (que l'on m'a reproché également ^^') c'est que quand les trois personnages parlent, on se perds un peu dans la conversation. On ne sait plus qui dit quoi. C'est pas un gros problème, mais il va falloir faire un poil plus attention à ça ^^

Sinon, je sens que Criss va beaucoup me plaire ^^ J'ai l'impression que tu m'as décrit point par point, c'est presque flippant x'D (Hormis le côté avenant, moi, c'est tout le contraire...) C'est une bonne chose qu'on s'attache rapidement à un (ou plusieurs) personnage(s), ça veut dire qu'on l'a bien réussi ^^

Son arrivée à fait prendre comme une autre tournure à l'histoire, et on ne s'ennuie jamais dans ce chapitre. Du tout bon ! ^^
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Dim 28 Déc - 18:25

Après tout ce temps sans nouvelle, voilà la suite pour ceux que ça intéresse Smile


IV. Le manuscrit.



Les journaux se vendirent comme des petits pains ce Lundi-là. Que ce soit le « Sans-étoiles », le « Chien » ou bien encore l’hebdomadaire « La semaine de Nazel » qui sortait un numéro spécial pour l’évènement, tous titraient la même chose : LA NOUVELLE ENDEISTE.
Le « chien » y allait de son habituelle critique antimilitariste, tandis que d’autres journaux relataient simplement les faits : une jeune fille s’est déclarée sur la place des lavandes de Vaelta. Une jeune fille aux cheveux rouges du nom d’Helena. Les articles étaient tous construit de la même façon, et le discours prononcé par le gouverneur en personne le soir même y était à chaque fois retranscrit au mot près.
Chers Vaeltiens, en ces fêtes de commémoration de notre victoire sur la monarchie et le despotisme, de la défaite de l’oppression et de l’avènement du pouvoir des hommes du commun, j’ai l’honneur de vous annoncer la venue de notre nouvelle Endéiste : mademoiselle Helena Boros. La garde verte préviendra désormais tout éventuels débordements pouvant atteindre à sa sécurité. J’ai une pensée bien évidemment pour notre chère Judith, et j’adresse mes sentiments et mes respects à sa famille et à ses parents. Nous respecterons une minute de silence lors de la cérémonie d’introduction d’Helena, qui se déroulera dans quelques semaines.
Talina acheta un quatrième journal, les « Paroles », et le lu d’une traite. Au bout du cinquième, il n’y eu plus de doutes possibles sur les propos rapportés.
« Kalan, je ne comprends pas. »
Il inspira profondément, tandis qu’il parcourait lui aussi les pages d’un quotidien.

Ils avaient passé la matinée à s’acheter de nouvelles affaires, sans prêter attention aux journaux. Talina avait lourdement pesté lorsqu’ils s’étaient échappés sans prévenir Criss, mais elle était fatiguée d’essayer de jouer avec les nerfs de Kalan. Il ne craquerait pas et ne la laisserait pas s’en aller. Elle était bien consciente qu’elle avait joué avec le feu avec Criss. Et si cela avait été quelqu’un de mal intentionné ? L’inviter avait été stupide, mais elle aurait tout fait pour énerver son « ravisseur ». Mais ça, c’était sous le coup de l’émotion. Ce matin, son esprit était plus clair, et même si elle pensait énormément à son père, elle savait qu’elle devrait en passer par là avant de pouvoir retourner chez elle. Talina espérait sincèrement qu’Emilie était partie le prévenir, lui expliquer la situation. Que sa fille ne l’avait pas abandonné.
Dans une des artères de Mortetour, qui courait des tours triplées jusqu’à la tour des astronomes, Kalan s’était acheté trois chemises : deux blanches et une un peu jaunie. Avec cela, un gilet en coton teinté de bleu, ainsi qu’un pantalon noir dans l’échoppe d’à côté. Le tout donnait dans l’élégant mais sembler laisser une grande liberté de mouvements à Kalan en cas de problèmes. Il portait d’ailleurs une petite épée en Endre à sa ceinture, assez allongée et très fine, accompagnée d’un pistolet à percussion dont le manche disposait des écussons de Vaelta et de la garde verte. Il portait aussi un brassard au bras gauche, sous sa chemise, symbolisant son statut de membre de la garde verte et qu’il préférait garder caché « pour ne pas attirer les regards ». Quant à elle, Talina ne s’était pas privée. Le capitaine de Kalan lui avait donné une somme assez incroyable, et quitte à ne pas savoir ce que l’avenir et son pouvoir allait lui apporter en bien comme en mal, autant se faire plaisir. Kalan lui avait expliqué qu’elle ferait désormais partie de l’armée, en tant qu’atout majeur de la sécurité territoriale. D’ici deux semaines elle ne serait peut-être plus libre de faire ce que bon lui semble alors elle souhaitait profiter du temps qui lui restait. Elle s’était donc acheté une magnifique robe en dentelles blanches fleuries, cintrée juste au-dessus de la taille par une large ceinture rouge et disposant de manches à gigot. Des rubans, rouges eux aussi, la complétaient avec pour principal ornement un énorme nœud au niveau du décolleté. A côté de cela, elle avait quand même été raisonnable : un chemisier fleuri, une tunique unie et un pantalon court teinté de vert. Cela ne faisait qu’une centaine d’années que les femmes portaient des pantalons. Avant, c’était jupes ou robes. Talina préférait les secondes, et elle détestait les jupes. En tout cas, Kalan avait négocié pour la robe, à condition qu’elle devienne plus coopérative.
C’est en sortant du magasin qu’ils avaient remarqué de plus en plus de gens lisant le journal. En marchant dans la rue pavée, ils avaient entendu plusieurs fois les mots « nouvelle Endéiste », et c’est alors qu’ils s’étaient décidés à acheter un exemplaire du « Sans-étoile ».

« Kalan, répond moi … »
Il leva les yeux du papier qu’il tenait entre ses mains, puis hésita avant de lancer : « Il faut qu’on prenne une décision. » Il ferma les yeux quelques secondes. Talina était partagée entre questionnements et appréhension. Il rouvrit les yeux et, après avoir balayé la rue du regard, prit Talina par la main pour l’emmener ailleurs.
Ils s’installèrent sur un banc, dans une petite zone éloignée de la grande rue, donnant une vue dégagée sur le lac Léraon qui s’étendait au pied de l’ancienne capitale. Kalan prit la parole. « La vue est pas mal. » Cette remarque surprit Talina. En effet, la fin de la matinée était ensoleillée, et les reflets du lac en devenaient même aveuglants. Il était assez vaste, si bien que l’on ne pouvait en voir l’autre bout si on le regardait dans sa longueur. Un fleuve y naissait, la Maronne, et partait se jeter dans la Cœur-mer, à plus de trois cent kilomètres de là. Talina en détourna son regard.
« Quelle décision doit-on prendre ? Et qu’est-ce que c’est cette histoire d’Helena Boros ?
- Sur ce que l’on va faire d’utile pendant deux semaines. Les archives ou la bibliothèque royale me paraissent une bonne idée. Je ne connais pas bien les aspects techniques de ton pouvoir. Ma sœur était partie s’exercer plusieurs mois à Bord-sur-Ciel, mais je n’ai pas eu l’occasion d’en savoir plus puisque le lendemain de son retour à Vaelta, ils l’ont emmenée à la grande cathédrale. Pour Helena, je pense que c’est une doublure.
- Une doublure ?
- Surement pour voir si le corbeau va agir. D’où le délai de deux semaines. »

Ils déjeunèrent sur une terrasse après avoir cherché pendant plus d’une demi-heure un établissement servant du Liel, sans réussite.
« Ça aurait été trop beau, soupira Talina.
- Mais qu’est-ce qu’elle a de spécial cette boisson ? Questionna Kalan. Si c’était si excellent, ce serait beaucoup plus répandu.
- Mais non ! C’est l’assortiment parfait ! La fabrication doit être difficile, et il faut aussi se procurer des feuilles d’ibiscus d’Haedal. C’est cher. Le propriétaire de « la loutre dorée » possède de la famille là-bas, et il peut donc en ramener lui-même, sinon ce ne serait pas rentable.
- Ça ne reste qu’une boisson sucrée.
- Tu devrais essayer, peut-être que ça te donnerait le sourire. »
Le serveur leur apporta leurs plats. Des tomates farcies et des pommes de terres pour Talina et une énorme pièce de bœuf pour Kalan.
« Tu comptes vraiment manger tout ça ?
- Tout. Et le gras aussi », répondit-il la bouche pleine.
Cet appétit d’ogre lui donna un côté chaleureux qui contrasta avec son sérieux permanent. Pendant une dizaine de minutes, aucun des deux ne prit la parole, car leur repas était délicieux. Arrivé au trois quarts de son combat culinaire, Kalan brisa le silence.
« Qu’est-ce que tu faisais avant ?
- Comment ça avant ?
- Comme travail.
- Chapelière.
- Tu fabriquais des chapeaux ?
- Non, je trayais des vaches pour faire du chocolat.
- Oh ça va, soupira-t-il. Tu aurais pu simplement être revendeuse.
- Non, je m’occupe entièrement de la fabrication ainsi que de la vente dans la petite boutique de mon père. Bon, pour préciser je ne m’occupe pas de la fabrication du feutre et de la cloche, car c’est assez long et nous ne disposons pas du matériel nécessaire. J’achète directement des gabarits depuis l’usine, que je retaille et garnis. J’ai quelques bacs de teinture aussi. Mais du temps de ma grand-mère, la famille disposait de la maison voisine, et avec son mari ainsi que ses trois sœurs, ils fabriquaient eux même leur propre feutre. C’est d’ailleurs pour ça qu’elle était assez dingue, un sacré caractère la vieille !
- En quoi ça l’a rendu dingue ?
- Fou comme un chapelier ! Jamais entendu ? Pour traiter les peaux en vue de la fabrication, on utilisait des solutions de nitrate de mercure. Les vapeurs avaient… quelques effets secondaires. Quand elle nous a quitté, on a vendu la maison. Avec les progrès industriels, c’était plus facile pour nous de récupérer des pièces déjà en forme et de les retravailler. Impossible sinon de lutter face à leur cadence ! Mais au moins, pas de soucis mentaux.
- Qu’est-ce que ça serait sinon, taquina Kalan. En tout cas, ça a l’air de te plaire.
- Oui. Désolée, je pourrais en parler pendant des heures, et ça doit pas être intéressant tous ces détails techniques.
- Non, je t’en prie, ça m’intéresse. Tu ne travailles que le feutre ?
- De temps en temps il m’arrive de faire quelques chapeaux en paille, mais c’est assez long. Je réalise aussi les conformations des chapeaux que je vends, ça permet de les adapter au mieux à la forme du crâne. Et toi, depuis quand tu es dans la garde ?

Pour arriver jusqu’à la bibliothèque se trouvant dans l’ancien palais royal ils durent grimper le dédale de rues menant jusqu’au sommet de Mortetour. Lorsqu’ils arrivèrent à la grand place, la vue les subjugua. Le palais était digne de sa réputation et des dynasties qui l’avaient occupé. Les barreaux de métal doré qui formaient la muraille clôturant les jardins scintillaient, et la cour intérieure était vaste. Sur la gauche se trouvait l’aile désormais destinée aux étudiants et aux recherches, et l’aile droite était devenue le siège de multiples organisations. Enfin, au centre, l’imposante bâtisse aux colonnes de marbre, siège du pouvoir. La grande arche symbolisant l’entrée du domaine vint sublimer l’ensemble. Les deux déesses s’y entremêlaient, la mélodie et l’accompagnement, Nazel et Aguamal. L’arche était bien plus impressionnante que celle de la gare de Vaelta, une véritable œuvre d’art. Elle surmontait jadis un portail, qui avait été détruit lors de la révolution. L’entrée n’était plus gardée, laissant un espace libre en circulation symbolisant la liberté durement gagnée. Un garçon s’y tenait. Talina était encore trop loin pour bien le discerner, mais il semblait approcher la majorité, et il était blond. Ils firent quelques pas avant que Kalan ne s’exclame.
« Oh non pitié. J’avais déjà oublié ton existence.
- Ravi, Kalan. Talina, salutations. Vous voyez, j’attends ici depuis ce matin. Je savais que vous viendriez. J’ai seulement mangé un pauvre sandwich à midi pour être sûr de ne pas vous rater. Je vous conduis à la bibliothèque ou on se fait la visite des jardins ? » jasa Criss d’un ton victorieux.
Kalan était exaspéré. Criss semblait fier de son entrée en scène. Talina explosa de rire.
« Ne le prend pas mal Kalan, mais je trouve cette situation très ironique.
- Moi qui le pensait assez bête pour ne pas nous retrouver. Bon, juste cet après-midi, ensuite tu nous lâches, ordonna Kalan.
- Entendu. »

Criss les mena au sein de la bibliothèque. Elle ne portait pas les adjectifs de « grande » et « royale » pour rien. Des milliers d’ouvrages y étaient conservés sur quatre étages. Une ouverture circulaire au plafond baignait les armoires en bois d’une lumière douce, et l’on pouvait voir la poussière des vieux grimoires que l’on ouvrait flotter dans les airs. De nombreuses personnes s’y affairaient, et l’on pouvait y trouver aussi bien d’anciens manuscrits que de livres imprimés récemment. Ils s’installèrent dans un des balcons du premier étage. Criss allait et venait constamment en apportant ses trouvailles. Talina était assise et feuilletait les ouvrages qu’il lui posait sur la table. Kalan quant à lui, veillait au grain. Alors que la plupart des ouvrages n’étaient que des recueils historiques ou mythologiques, Talina en trouva un qui semblait intéressant, intitulé « Techniques et manipulation d’Endre par la voix ». Elle lut la préface. L’ouvrage original avait été écrit par un Endéiste du nom de Coral Havard, et l’exemplaire dont disposait Talina était une copie manuscrite. Cependant, l’intérieur du livre était illisible. Il semblait écrit dans une langue assez ancienne. Talina interpella Criss au vol.
« Criss ! Je pense en avoir un pas mal, mais je ne sais pas en quoi c’est écrit.
- Fais voir. Ah ! Coral Havard ! En effet ça va être difficile de trouver mieux, et ça à l’air d’être écrit en Aréïque.
- Ah … Dommage, lâcha Talina avec une déception apparente.
- Hé hé hé … Devine qui a suivi des cours d’Aréïque durant sa scolarité ? »
Talina fut soulagée. Ce garçon est providentiel.
« Je suppose que c’est nécessaire à tes aspirations d’historien ?
- Oui. Les ouvrages d’il y a plus de cinq cent ans ne se trouvent que dans cette langue.
- Pourquoi ne pas les avoir traduit ?
- Parce que c’est long ! Puis, on perd toujours du sens avec une traduction, puisqu’elle est sujette à l’interprétation de celui qui la réalise. »
Cette antiquité était une vrai mine d’or. Assez épais, son contenu en était d’autant plus riche. Par chance, l’écriture musicale n’avait pas changé depuis toute ces années, et le recueil était farci de partitions. Certaines notations n’étaient plus vraiment utilisées, mais il était possible pour Talina de lire celles-ci sans trop de difficultés.
« C’est ma grand-mère qui m’a appris, depuis que j’ai six ans, confia-t-elle. Et vous, vous jouez d’un instrument ?
- Entre le solfège et les vieilles langues, j’ai fait mon choix, déclama Criss d’un ton rieur.
- La musique et moi ça fait deux, enchaina Kalan.
- Ca ne m’étonne même pas, lui répondit Talina. Laisse-moi deviner, tu ne jures que par le sport et la condition physique ?
- Non plus, je n’ai clairement pas l’esprit de complétion. Je suis du genre à laisser gagner les autres si ça peut leur faire plaisir.
- Je n’arrive décidément pas à te cerner, plaisanta Talina. »

Durant le reste de l’après-midi, Talina et Criss tentèrent de décortiquer le premier chapitre et la structure du livre de Havard. Celui-ci s’était donné la peine de détailler précisément le processus de résonnance, afin de permettre aux générations futures d’en faire usage. Coral Harvard était considéré comme le plus grand Endéiste ayant jamais vécu, et son travail était gigantesque. Talina songea à la sœur de Kalan et elle était persuadé que celle-ci avait dû apprendre via ce livre. Mais un problème se posa à elle. Comment exercer son chant dans une bibliothèque remplie de chercheurs, d’historiens et d’étudiants sans se faire remarquer ? Il n’était pas possible d’emprunter les livres des archives et ils n’avaient pu accéder à celles-ci uniquement parce que Criss possédait un certificat lui autorisant la consultation. Le chapitre premier ne disposait que d’une seule partition, et était assez succin, ne présentant que les rudiments, si bien qu’en recopier les points important en serait assez aisé.
Je dois trouver une solution pour le reste.

Après deux heures de traduction et de copie fastidieuse, ils décidèrent de retourner en ville, chercher un hôtel plus confortable que le « Lafougère » pour la nuit. Leur choix se porta sur « Lachèvre », avec une vue imprenable sur le lac Léraon et situé dans les quartiers hauts de la ville, afin d’être assez proche du palais. Kalan accepta que Criss les accompagne.
« Je dois reconnaitre que tu as été assez utile aujourd’hui. Talina m’a demandé si tu pouvais rester avec nous pendant les deux prochaines semaines. Elle a besoin de tes traductions alors j’ai accepté, tu peux la remercier ». Ils s’installèrent dans deux chambres différentes, une pour Criss et l’autre munie de deux pièces pour Talina et Kalan, avant de repartir en ville.
« Demain matin, je pense que nous devrions aller au bord du lac pour que je puisse m’exercer discrètement, proposa Talina.
- Bonne idée. Et pour ce soir ? questionna Criss.
- J’ai cru repérer un bar musical ce matin, j’aimerais bien y aller, demanda timidement Talina.
- Pourquoi pas, fit Kalan, mais tu as interdiction de chanter, on ne sait jamais. »

Le repas ne fut pas copieux, l’endroit prêtant plus d’attraits à la boisson qu’à la nourriture, mais la musique fut au rendez-vous. Un pianiste classique anima la première partie de la soirée, au rythme de reprises de grands classiques alternées par des sessions d’improvisations et de compositions personnelles. Kalan tendait l’oreille mais ne semblait pas apprécier outre mesure, tandis que Criss enchainait les pintes. Talina quant à elle ne manqua pas une note.
« Allez Kalan, je suis un brave type, je t’en offre une, fit Criss avec son grand sourire.
- Je ne bois pas. Je compte prendre soin de vous si il arrive quelque chose.
- Prendre soin de moi ? Trop mignon !
- Si tu pouvais t’étouffer en avalant de travers, ça m’arrangerait. » annonça Kalan, exaspéré.
Le pianiste salua. La trentaine de personnes présente applaudit, puis un trio monta sur scène : un gros contrebassiste, une violoniste aux cheveux d’argent et un percussionniste tout maigre. Ils proposèrent au pianiste précédent de rester pour improviser, et celui-ci accepta.
« Voilà qui va être intéressant, s’enjoua Talina.
- Comment peuvent-ils savoir si il connait les même morceaux qu’eux ? demanda Kalan.
- Il ne les connait surement pas ! Mais tu sais, certains schéma reviennent souvent, il suffit de connaître la tonalité et le mode du morceau pour pouvoir improviser dessus.
- Si tu le dis…
- Je t’expliquerai un jour ! plaisanta Talina. »
Leurs trois premiers morceaux donnèrent le ton. Leur style était résolument Jazzy et le pianiste se débrouillait parfaitement. Ils interagissaient avec le public, proposant de taper dans les mains ou de chanter. Puis, pour leur quatrième morceau, ils demandèrent si quelqu’un dans l’assistance souhaitait monter sur scène pour chanter « Le temps des cigales » avec eux. Talina sentit son cœur accélérer. « Il parait que nous avons une nouvelle Endéiste, et qu’elle aurait chanté ce morceau à Vaelta. Petit hommage. » fit le contrebassiste. Kalan perçu le malaise de sa protégée. Criss, lui était soul. Le cœur de Talina lui jouait une symphonie à tempo presto. Elle repensa au son de l’Endre. A Emilie. A son père. Au corbeau. Après cette journée, elle avait failli oublier qu’elle était une fugitive, une ombre. Et pour quoi ? Pour ensuite recevoir des ordres de l’armée et ne plus être libre, constamment sous surveillance ? Le tout avec cette épée de Damoclès que représente le corbeau, qui dès qu’il apprendra son existence pourra débarquer d’un moment à l’autre pour la tuer ? Je ne veux pas de ça. Sa gorge se serra. Ses poumons ne se remplissaient plus correctement. Alors qu’elle commençait à suffoquer, Kalan l’emmena dehors, tandis que Criss luta contre la gravité pour les suivre.
« Talina, regarde-moi ! Respire profondément, calme toi.
- Je ne veux pas, Kalan !
- Je sais bien ! Essaie de respirer lentement.
- Je ne veux pas faire ça …
- N’y pense pas, on en discutera plus tard. Pense à autre chose. Regarde Criss, il ne tient pas debout. Il y a plus d’alcool que de sang dans ses veines. »
Il poussa Criss qui s’effondra par terre et Talina laissa s’échapper un léger sourire.
« Ça ne va pas être facile, mais je t’assure que ça te plaira. Ma sœur avait la même appréhension que toi au début. Et je suis même sur que tu pourras toujours confectionner ces chapeaux dont tu m’as parlé. Pour ce qui est du corbeau, j’en fais mon affaire. Il ne touchera pas à un seul de tes cheveux. Tu sais, je ne vis plus que pour une chose. Venger ma sœur. »

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Katsuki-san
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Mar 30 Déc - 10:59

Done reading !

Avec les fêtes, j'ai dû lire petit à petit, mais je t'assure que ton texte est toujours aussi bien ! ^^

J'attends la suite avec un certaine impatience ! ^^
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Némésis
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Mar 6 Jan - 10:17

Booooooon, je veux la suite!
J'ai lut les deux derniers, j'avais zappé le chapitre 3 pour je ne sais quelle raison.

Je ne sais pas si c'est que moi, mais j'étais tellement à fond dans le rêve de Criss que quand il en est sortit j'ai un peu galéré de savoir qu'est-ce qui était réel ou non... mais il est fort probablement que ce
soit juste mon côté quiche.

Voilà une phrase que j'ai trouvé étrange:
"Je dois trouver une solution pour le reste. "
C'est quand Talina se demande comment elle vas s'exercer puisqu'elle ne peut pas emprunter le bouquin de la bibliothèque royale. C'est zarb ce passage à la première personne en plein milieu ^^

Sinon, vraiment, continue. J'imagine que c'est déjà en projet mais vraiment, une fois finie, fais le éditer parce que c'est put*** de prenant!
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Mar 6 Jan - 18:46

En fait le passage à la première personne est censé être en italique et exprimer les pensées des personnages, mais du coup visiblement c'est raté ^^

Merci beaucoup pour vos remarques, ça m'aide vraiment à continuer vos encouragements Smile N'hésitez pas à être hyper critique, ça fait avancer !

Sinon j'ai bien l'intention de continuer, et pour l'édition on en est pas encore là, faudrait déjà que je finisse ... Sinon ben en vrai j'ai quelques chapitres d'avance, mais je poste pas tout pour pas vous assommer Smile

Encore merci les loulous
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Katsuki-san
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Ven 23 Jan - 8:35

Juste comme ça, je viens de penser à un titre pour ton histoire.

"Endeavor"

C'est un mot anglais dont je ne me souviens plus la signification, mais tu peux toujours te servir tu terme dans ton histoire et en faire le titre ='D
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Lun 26 Jan - 15:44

Apparemment ça veut dire peine ! Je le note quelque pars :p

Chapitre 5 !!!!

V. Du temps à tuer.

« Désolé mais là, je ne vois pas quoi faire de plus » soupira Criss. Il posa ses notes sur le sol, juste à côté de l’épée de Kalan. La chaleur de l’après-midi filtrait même à l’abri des arbres. Talina vint s’assoir aux côtés de Criss, essoufflée, pour prendre une pause. De toute façon, on avance pas, songea le jeune homme. Ils s’étaient installés sous cet arbre depuis le levé du jour et rien ne s’était produit depuis. Rien du tout de la journée, mais rien non plus la veille, ni la journée encore avant. Trois jours qu’ils essayaient d’appliquer les méthodes de Coral Havard sans succès. C’est même à se demander si elle est vraiment Endéiste …
« Je n’ai plus de voix, j’en ai marre, et j’ai faim, fit Talina à Criss.
- Pareil. On reprendra après manger. Si on mange un jour, vu que Kalan n’est toujours pas rentré …
- Il va arriver. Soit content qu’il ait bien voulu aller en ville pour nous prendre quelque chose de chaud, j’en peux plus des sandwichs. » fit elle d’une voix à peine abimée.

Leurs tentatives pour reproduire la résonnance avec l’Endre étaient infructueuses. Cela faisait trois jours qu’ils venaient dans ce coin en bordure du lac, à l’abri des regards, sans pour autant réussir quoi que ce soit. « Ta traduction est mauvaise » avait lancé Kalan à l’encontre de Criss, ce qui n’avait pas manqué de le mettre en rogne. Pour Talina, c’était à cause de l’épée de Kalan « qui n’est peut-être pas adaptée » et pour Criss c’était sa faute à elle. En tout cas ça ressemblerait bien à cette fille de faire semblant de ne pas réussir, avait-il pensé lors des premiers essais. Pourtant ce doute s’était estompé au fil des tentatives, si bien que la conclusion s’imposa d’elle-même : la méthode n’était pas la bonne. D’après le manuscrit :
« L’Endéiste débutant doit chanter en se tenant bien droit tout en touchant le morceau d’Endre qu’il souhaite faire résonner. »
Et c’est tout.
Le reste du premier chapitre expliquait comment faire rutiler le métal, et la partition finale permettait de le rendre très lumineux tout en abordant les notions de contrôle à distance. Sauf que cela n’était possible qu’après l’avoir touché et fait résonner une première fois. Et pour cela il suffit de se tenir bien droit et de chanter. Merci beaucoup pour votre aide monsieur Havard.

Sortit de ses songes, Criss se releva avant de s’adresser à Talina.
« On résume encore une fois. Tu as joué, tu as chanté, et les flèches du conservatoire ont résonnées.
- Quel résumé incroyable ! se moqua-t-elle.
- Pas d’Endre sur le piano ?
- Non il ne me semble pas. En tout cas je n’ai été en contact qu’avec les touches en bois donc … Peut-être que moi je n’ai pas besoin de toucher l’Endre pour la faire résonner ?
- Et dans ce cas pourquoi ça ne marche pas avec l’épée ?
- Je sais pas … Peut être que c’est à cause des conditions qui étaient différentes. J’avais un piano pour m’accompagner, il y avait du monde, l’adrénaline de la scène … »
Les yeux de Criss s’illuminèrent.
« Tu viens de me donner une pêche d’idée !! s’exclama-t-il.
- Une … « pêche » d’idée ?
- Oui ! On va recréer ces conditions comme ça on pourra enfin avancer ! »
Il y eu un court silence avant que Talina ne réponde.
« Non mais … « pêche » ?
- Quoi pêche ? demanda Criss sans comprendre où Talina voulait en venir.
- Ben … tu viens de dire : une « pêche d’idée ».
- Aaaaah ! Ca ! C’est une expression par chez nous, une pêche d’idée c’est une idée géniale ! Tu peux dire aussi une pêche de fête ou un pec de repas, expliqua-t-il fier d’étaler ses particularités linguistiques.
- Rappelle moi d’où tu viens ?
- De Murier.
- Vous êtes vraiment spéciaux à Murier. »
Criss fit mine de se vexer, ce qui la fit beaucoup rire.
« Et plus sérieusement, reprit Talina, comment tu comptes recréer les conditions de la place des lavandes ?
- On trouve un bar avec un piano et on te fait jouer. On garde l’épée près de nous pour voir si elle réagit et voilà.
- Désolée de casser ton élan mais Kalan ne voudra jamais. »
Criss le savait bien. Il ne voudra pas prendre de risques … Mais j’ai besoin que Talina réussisse. Tous les moyens sont bons. Il se ré appuya contre le chêne qui était témoin de leurs échecs depuis trois jours. Talina posa sa main sur son épaule.
« Regarde qui voilà ! ».
Kalan était en vue, les bras bien chargés. Talina se releva pour aller l’aider tandis que Criss resta assis, perdu dans ses pensées.
« Merci Talina, fit Kalan en lui tendant un sac. Bon, vu vos têtes, je suppose que ça ne marche toujours pas, mais attendant, poulet rôti et pommes de terre sautées pour la dame aux cheveux de feu et le petit blond ! »

Le repas fut excellent et remonta le moral de Criss. Talina se laissa ensuite aller à une petite sieste à l’abri du feuillage du vieux chêne tandis que Kalan se préparait à piquer une tête dans le lac. Criss, les yeux fourrés dans ses notes, essayait d’affiner sa traduction grâce à des dictionnaires empruntés la veille à la bibliothèque. « Tu devrais venir te rafraichir, tu auras les idées plus claire ensuite. » lança Kalan à Criss avant de se jeter dans l’eau grise.
Mes idées sont très claires, et mes traductions sont bien exactes. Je sais comment aider Talina, mais ça ne va pas te plaire. Au bout d’une dizaine de minutes, Criss réveilla la chanteuse.
« … rohn mais il lui sait pas que pourquoi, barbouilla-t-elle toute enfarinée.
- Emerge, on a pas beaucoup de temps avant que Kalan revienne ! »
Elle se frotta les yeux, puis répondit tout en baillant.
« De temps pour quoi ?
- Pour décider de comment faire pour piquer l’épée de Kalan et te faire chanter en public », répondit Criss très déterminé.
Talina mit quelques secondes à répondre.
« Euh … écoute Criss, tu m’aides bien et tes connaissances sont vraiment enrichissantes pour moi, mais même sans l’avis de Kalan, je n’ai pas envie de prendre de risques. Et puis d’ici dix jours je serai officiellement Endéiste, donc on m’expliquera surement comment gérer tout ça. Si on a commencé là, c’est juste pour s’occuper et essayer de voir un peu. Si ça ne marche pas, tant pis. Peut-être que ça ne marchera plus jamais d’ailleurs, qui sait ? J’apprécie le mal que tu te donnes, mais ne jouons pas avec le feu… On devrait retourner en ville, ça ne sert à rien de rester plus longtemps ici. Dès que Kalan sors de l’eau, on lève le camp.»
L’historien en herbe ramassa ses notes et les glissa dans le sac à dos gris que lui avaient offert ses parents, pour le féliciter de son diplôme de fin de scolarité. Même si Criss se la jouait dur en compagnie de Talina et de Kalan, ce n’était après tout qu’un garçon de dix-sept ans tout juste envolé du nid familial pour ses études. Il venait d’un milieu modeste : sa mère travaillait dans une fabrique de becs de gaz, utilisés pour l’éclairage public des principales villes de la région de Vaelta et son père était homme au foyer. Une grave explosion dans l’usine l’avait fortement handicapé avant même la naissance de Criss, et lorsque celui-ci vint au monde, il fit le choix de s’occuper de son éducation et de la tenue de la maison. Criss avait aussi un petit frère, de sept ans son cadet. Les laisser fut difficile, mais ses parents l’avaient poussé : les études avant tout. Et le voilà désormais, suivant la prétendue nouvelle Endéiste et son garde du corps, essayant tant bien que mal de l’aider à maîtriser ses capacités. Criss ferma son sac et ils se mirent en route vers la tentaculaire Mortetour, mais en prenant cette fois ci un détour par le port.

Celui-ci servait principalement aux activités de pêche, le grand lac n’étant directement relié qu’à des villes de moindre mesures et d’insignifiants villages. Néanmoins, un vieux voilier y était amarré, et il contrastait avec les modestes rafiots du coin.
« Il est bizarre ce voilier, nota Criss en l’examinant sous toutes ses coutures.
- Le Marbella. Normal que tu le trouve étrange, on doit pas en voir beaucoup amarrés dans le port de Murier des Clippers comme celui-là. Il a au moins cent ans, vu qu’il a participé à la bataille de Tourétoile. Une histoire incroyable d’ailleurs.
- C’est vrai qu’il en impose, affirma Talina sans cesser de scruter les hauteurs de la ville profilée de manière atypique par ses seize tours.
- En tout cas Criss, si tu ne connais pas le Marbella et le blocus du lac Léraon, tu es aussi près de devenir historien qu’un manchot de devenir archer.
- Ooooh ça va, je ne l’avais juste pas reconnu. Il est moins délabré dans les gravures des livres.
- Malheureusement la moisissure ne va pas tarder à le consumer entièrement et à le réduire en poussière, soupira Kalan. »
Pendant ce temps, Talina s’était déjà éloigné d’une centaine de mètres.
« On devrait pas rester là car Talina va nous semer, déclara Kalan.
- Tu penses qu’elle va s’y faire ?
- Ouais. De Toute façon elle n’a pas vraiment le choix.
- Pourquoi tu ne l’aiderais pas à partir et à se cacher ? Je veux dire, ça crève les yeux qu’elle ne veut pas devenir Endéiste. Pourquoi la forcer ?
- Parce que toi à sa place tu préfèrerais rester planqué toute ta vie ? Elle a mis le doigt dans l’engrenage, voire même le bras, en faisant résonner le conservatoire devant autant de gesns Nos relations avec Aguamal et ses monarchies sont au plus mal, alors tu peux être sûr que le conseil de défense Vaelta-Lumille ne laissera jamais un atout comme elle dans la nature. Du coup je suis là, à veiller sur elle contre son gré, mais au moins elle est en sécurité ici.
- C’est sûr qu’avec un garde du corps comme toi, personne ne risque de l’approcher, ironisa Criss.
- C’est de sa faute si tu es là. Et un peu de la mienne. J’aurais dû la mettre en garde plus tôt contre ceux qui laissent trainer trop facilement leurs oreilles. Te supporter c’est un peu ma punition, même si je dois reconnaître que grâce à tes talents de traducteur, on a bien avancé.
- Très drôle. C’est pas ma faute si ça marche pas. Le bouquin est pas assez précis et …
- On devrait y aller ou on va vraiment perdre Talina coupa Kalan, on continuera cette discussion plus tard. »

Après une trentaine de minutes de marche à travers les rues sinueuses et pentues de Mortetour, ils se retrouvèrent au « Lachèvre ». La chambre de Talina et de Kalan au troisième étage disposait d’un canapé deux places couvert d’un tissu délavé rayé ocre et vert. Un fauteuil en cuir trônait à la droite de celui-ci et une table basse en hêtre ponctuait l’agencement de ce salon typique de la décennie précédente. Une large fenêtre baignait la pièce d’une lumière appréciable et le lac au loin reflétait de sombres nuages annonçant une pluie future. Criss s’allongea dans le canapé pendant que Kalan servait à boire. Talina était quant à elle accoudée à la fenêtre, fixant l’horizon, abandonnée à ses pensées. Kalan vint la rejoindre et lui tendit une tasse de thé à la menthe avant d’aller s’installer sur le fauteuil en cuir.
« Je peux en avoir aussi ou je n’ai pas assez d’organes féminins? Lança Criss en se gaussant sur son canapé.
- Ce qui est sûr c’est que tu n’as pas assez d’organes masculins pour me forcer à te faire un thé.
- Aoutch… Kalan un, Criss zero. » fit alors Talina sans détourner son regard du lointain. Ses doigts jouaient avec le nœud de sa robe, s’entortillant dans un méli-mélo compliqué. Elle buvait son thé par petites touches avant de le terminer d’une lampée.
« J’aimerais bien aller voir un spectacle ce soir, lâcha Kalan en rompant le silence.
- Quel genre de spectacle ? interrogea Talina tout en allant poser son verre sur la table basse.
- Un concert. Un ballet. Un opéra. Ou du théâtre. N’importe quoi qui pourrait te faire plaisir en fait.
- Ca ne devrait pas être très difficile de trouver quelque chose lâcha Criss. Je peux aller demander au gardien en bas, on discute ensemble tous les soirs.
- En voilà une riche idée, conclu Kalan en souriant. »
Les deux garçons se levèrent et Criss se dirigea vers la sortie en substituant au passage une grande gorgée du verre de Kalan.

Sur le chemin, le grondement de l’orage parvint jusqu’à la ville, résonnant dans ses ruelles étriquées en provoquant un écho sinistre. Talina eut la présence d’esprit d’emporter un parapluie, mais celui-ci n’offrit pas de protection suffisante lorsque les trombes d’eau se mirent à tomber. La file d’attente pour rentrer dans le théâtre était longue d’une vingtaine de mètres et lorsque l’orage pointa le bout de son nez les gens amassés à l’extérieur se retrouvèrent vite trempés. Ils se refugièrent tant bien que mal contre les murs crépis du bâtiment et il fallut encore attendre quelques minutes pour pouvoir pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Ce n’était pas la plus grande salle de spectacle de Mortetour, record détenu par l’Opéra Mauve pouvant accueillir plus de mille personnes, mais La Clef Des Champs possédait une petite ambiance unique et chaleureuse. Etant arrivés en retard à cause de Criss, les trois jeunes gens s’installèrent dans les rangées du fond de la salle. Le spectacle commença à l’heure. Une pièce de théâtre classique, « Le seuil de l’aube », mais apparemment revisitée et replacée dans l’époque actuelle.

Au centre de cette histoire, Aude, employée dans un grand manoir détenu par l’odieux David Trusan, conte et propriétaire des terres fertiles de la région. L’homme était riche. De l’argent à ne plus savoir quoi en faire, si bien qu’il possédait une centaine de servants seulement pour s‘occuper de l’entretient de sa demeure de pierre. Mais l’homme était aussi pauvre. Pauvre en amour, pauvre en amis, pauvre en honneur. Ça, il ne l’avait pas volé. maltraitant toutes les femmes qui eurent la malchance de partager son lit, son sale caractère était connu comme le loup blanc et la laideur de son visage se juxtaposait parfaitement avec celle de son esprit. Pourquoi autant de personne à son service alors ?
L’argent.
Aude n’y manquait pas : sans famille, elle était misérable et avait besoin de travail si elle souhaitait passer l’hiver. Après avoir été une piètre serveuse dans un restaurant et s’en être fait remercier, elle vint proposer ses services au manoir. Celui-ci était situé en hauteur, et il dominait toute la vallée, entouré par une forêt aussi noire que la nuit. Lorsque Aude frappa à la porte colossale du manoir, l’intendante lui ouvrit : elle était très grande et tout aussi grosse. Les servants l’appelaient d’ailleurs « le cube » derrière son dos, mais lorsque l’un d’eux se faisait surprendre, le maitre le jetait directement en pâture à ses trois affreux chiens.
Aude passa ses premiers jours au ménage et à l’entretient des étages et elle se lia d’amitié avec Yoan Goupil, son compagnon d’infortune. Leur paie n’était pas mirobolante, mais ils étaient nourris et logés dans l’aile ouest du manoir. Un soir où l’une des serveuses était malade, l’intendante demanda a Aude d’assurer son remplacement. C’est là qu’elle rencontra le terrible conte. Au premier regard, celui-ci tomba éperdument amoureux de ses grands yeux verts. A partir de ce moment, il la traita avec égard : de nombreux cadeaux, un traitement privilégié et même une chambre privée. Cependant tout ceci n’intéressait point Aude. Son cœur ne convoitait pas les richesses. Elle souhaitait seulement passer l’hiver et partir au plus vite de ce manoir de malheur. Au fil des jours, elle se liait de plus en plus d’amitié avec Yoan qui avait vécu des histoires similaires à elle. Alors qu’il lui racontait comment il avait perdu sa mère, elle vint lui faire un câlin pour le réconforter. Rien d’ambigu, seulement une profonde affection. Cependant ce n’est pas ce qu’interpréta l’intendante qui les surpris. Elle rapporta tout au maitre qui fou de jalousie, s’empara de Yoan. Il le jeta alors à ses chiens et obligea Aude à assister à la scène, en lui faisant promettre de ne plus jamais recommencer.

Fin de l’acte I.

Talina était totalement immergée dans la pièce, Kalan suivait à moitié et Criss, totalement imperméable à ce genre de spectacle, passa toute la première partie à bailler. Cependant la fin de l’acte I relança son intérêt.

Après cette terrible scène et un court entracte, la pièce reprit sur une Aude dépitée. Elle ne pouvait pas rester. Elle ne pourrait pas repousser les avances du maitre indéfiniment sans en subir les conséquences. Elle n’aurait peut-être pas dû accepter les cadeaux du conte dès le départ. Elle n’aurait peut-être pas dû chercher du travail ici. Elle aurait peut-être dû succomber aux avances de David. Yoan serait toujours en vie si elle avait été moins bête.
Non.
Ce n’était pas de sa faute à elle. Le conte était fou à lier, et elle n’avait pas à culpabiliser. Elle prit son courage à deux mains, et avec l’aide d’une des cuisinière elle réussit à s’enfuir. Elle coupa à travers les bois pour éviter les gardes du manoir, mais après dix minutes de course effrénée elle se perdit. La forêt était dense et ses bruits à vous glacer le sang. Le froid la brulait, et ses piètres habits n’apportaient aucune résistance au froid glacial de décembre. Elle marcha sans but encore un peu, les voix de la forêt lui annonçant sa mort certaine. Elle finit par trouver une clairière mais son corps ne lui permit pas d’aller plus loin : elle tomba dans la neige, et la lumière du théâtre s’éteignit.
L’aube se leva. Aude sentit quelque chose contre elle. Un renard noir s’était blotti contre elle pendant la nuit pour la réchauffer. Il n’avait pas peur d’elle, et elle n’avait pas peur de lui : c’était son sauveur. Elle enleva son bracelet pour lui offrir en tant que gage de reconnaissance, mais le renard n’en fit rien et se leva sur ses fines pattes. Il indiqua à Aude la sortie de la forêt maudite et une fois à la lisière, elle lança son désormais célèbre : « Renard, qui êtes-vous ? » . Sans réponse, le renard noir s’élança dans un buisson et disparu. Elle descendit la colline qui rejoignait son village, mais des gardes l’interceptèrent. Elle fut ramenée au manoir. Le maitre furieux la gifla, puis il s’excusa. « Vous êtes la plus belle des perles, un diamant brut aux yeux d’émeraude. Epousez moi et vos désirs seront des réalités. » Aude fit mine de réfléchir, avant de récupérer un couteau qu’elle avait caché dans sa poche avant de s’enfuir. Elle entailla la joue du conte David Trusan avant de déclarer : « Je ne suis pas un bien. Vous ne m’achèterez pas. Je préfère mourir libre que vendre mon honneur à la plus odieuse personne que la terre n’est jamais connue. »
Le conte défiguré et ensanglanté s’empara alors du couteau d’Aude et il la transperça en plein cœur, avant de mourir de sa blessure.

Fin de la pièce.

Avec peu de décors et un savant jeu de lumière, les neuf acteurs réussirent à donner vie à cette histoire et à conquérir le cœur du public. L’acte II accrocha Criss si bien qu’il ne vit pas passer la dernière heure. L’histoire de cette fille lutant pour sa suivie lui fit penser à Talina : Aude refusait de se plier aux volontés d’un riche conte et son refus de l’autorité la poussa à la fuite. Certes, ce n’était pas Talina qui avait décidé de fuir de Vaelta, mais les deux situations étaient quand même assez similaires. Criss espérait cependant que la conclusion serait tout autre.

Une fois de retour au « Lachèvre », Talina et Kalan rejoignirent leur chambre, visiblement satisfaits de cette soirée. Criss s’affala quant à lui sur le canapé situé au rez-de-chaussée de l’hôtel, sous l’escalier. Le hall d’entrée du bâtiment était beaucoup plus spacieux que la pauvre chambre qu’il avait pu s’offrir et l’éclairage y était bien meilleur, lui permettant de lire une fois la nuit tombée. Il salua le gardien de l’hotel avant d’aller récupérer les livres qu’il avait ou emprunter à la bibliothèque royale : « La communication sentimentale » , «Dône : Le hamster dans la grotte » et « Traité de la musique, tome deux : IV et Vème siècle ». Criss avait pour habitude de bouquiner tous les soirs et ce depuis qu’il savait lire et manquer à ce rituel pouvait l’empêcher de trouver le sommeil. Il aimait bien évidemment les textes traitant de l’Histoire avec un grand « H », mais il affectionnait aussi les fictions, son péché mignon étant les romans d’anticipation. Son livre préféré, toutes catégories confondues étant « Rêves de l’an mille cent quatre-vingt-quinze », écrit en cinq cent dix-neuf par Louis Cierme et qui dénonce les abus de la monarchie des Etoiles via un récit se déroulant six siècles plus tard. J’aurais bien voulu me le relire ici, songea Criss en feuilletant le manuel de « La communication sentimentale » sans grande conviction. Au bout d’une demi-heure de lecture peu constructive, il entendit l’escalier craquer. Il se retourna et vit alors descendre une silhouette familière. Celle-ci fendit le hall a une vitesse prodigieuse et Criss bondit de son canapé pour la suivre vers l’extérieur. Que fou Talina sans Kalan à cette heure ? se demanda-t-il tout en la filant. La nuit était sombre et l’orage s’était dérobé en laissant dans sa trainée quelques nuages qui mouchetaient le ciel, obstruant la lune à intervalles réguliers. Ils rejoignirent l’allée principale et Talina se dirigea en vitesse vers ce qui semblait être de loin un relais de poste. Elle sortit une enveloppe de son sac mais Criss s’interposa.
« Putain Talina ça va pas ? Qu’est-ce que tu fou ? Il fait nuit et Kalan n’est pas là ? Qu’est ce qui s’est passé ?
- Rien du tout, laisse-moi Criss.
- Et cette enveloppe ? Tu ne comptais pas la poster bien sûr ?
- Laisse moi je te dis !
- Non, fit il froidement.
- S’il te plais, ne t’y met pas toi aussi … Je veux juste prévenir mon père, qu’il sache …
- Et si quelqu’un intercepte le courrier ? Si ta boîte aux lettres est surveillée ? Je me doute que Kalan est particulièrement lourd sur ce sujet mais dans le fond il a raison … »
Talina ne put retenir ses larmes, mais lorsqu’elles se mirent à couler le long de ses joues, elle se retourna et les fit disparaître d’un coup de manche.
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Katsuki-san
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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Mer 28 Jan - 21:14

Un chapitre très sympa, comme toujours Smile

Néanmoins, bien que le personnage soit assez haut en couleur et sympathique, j'ai l'impression que l'histoire se centre plus sur Criss et plus sur Talina. (Le premier "plus" est à prononcer avec un "S" et le deuxième non ='D)

Je sais pas si c'est fait exprès, mais on le suis plus lui et ses pensées que Talina ou même Kalan. Après tout (arrêtes moi si je me trompes ^^") c'est quand même Talina, l'héroïne. Ce serait donc judicieux de suivre plus souvent ses pensées (L'exemple qui me vient est Harry Potter. Il ne me semble pas, ou très rarement, qu'on suive pendant un chapitre entier les pensées/visions d'un personnage sans que Harry y assiste)

Par exemple, la scène du théâtre aurait pu être vue dans l'esprit de Talina (Comme le dit Criss, la pièce et son histoire se ressemblent beaucoup)

Et puis, Kalan est presque inexistant dans ce chapitre.

Mais je continue de suivre cette histoire que je trouve toujours aussi bien ! ^^

Et comme disait Nèm', je pense que tu devrais songer à le faire publier. Les chapitres sont courts, donc pas rebutants à lire (Par exemple, quand j'écris, ça fait des chapitres de 10+ pages Word ='D) Et l'univers et le concept sont très accrocheurs.
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Mer 28 Jan - 23:34

Merci beaucoup Katsu !
Comme je le disais à Nem, pour le serious business on verra quand ça sera terminé. Écrire 5 chapitres ça va, en terminer 30 ça va demander du temps.

Pour tes remarques en fait le principe est que chaque chapitre est centré sur un seul personnage. On a donc son point de vue à lui et pas aux autres. J'ai choisi de ne pas switcher les points de vues en milieu de chapitre, ce qui fait qu'on peut avoir la réaction de certains seulement quelques chapitres plus tard quand le personnage va repenser aux évènements (exemple avec Talina sur le fait de partir de chez elle). Je devrais d'ailleurs en faire un peu plus sur Talina, tu as raison. Je le note pour la suite .... Le prochain chapitre sera centré sur Kalan en tout cas.

Mais sinon, Talina est l'héroine oui, mais pas que. Les autres personnages sont aussi importants qu'elle et ce qui m’intéresse c'est la différence de point de vue entre les personnages. Du coup en ne suivant qu'un seul perso par chapitre ça permet de voir sa vision des choses et de peu être voir les choses d'une façon totalement différente dès le chapitre suivant. D'ailleurs d'autres persos "point de vue" vont apparaître Very Happy

Merci beaucoup pour tes remarques, ça m'aide à continuer Smile Smile
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Nept

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MessageSujet: Re: Une histoire qui n'a pas encore trouvé son titre.   Ven 20 Fév - 12:33

Chapitre 6 ! Smile

VI. De retour ?



Le train à destination de Vaelta filait à toute allure à travers la plaine. On pouvait encore apprécier grâce à la lumière tardive de l’été tout le paysage de la région : les Mont de Vicky à l’Est, les plaines et les bois de sel à l’Ouest vers la mer. A mesure que l’on descendait vers le sud les vignobles remplaçaient les champs de maïs et le soleil disparaissait peu à peu derrière les pics de la chaine de montagne. Depuis « l’incident de la lettre », comme Criss s’était amusé à le nommer, les tensions s’étaient apaisées et les derniers jours à Mortetour s’étaient déroulés globalement dans la bonne humeur. Le lendemain de « l’incident » Talina n’avait pas adressé la parole à Kalan de la journée, visiblement consciente de son erreur et aussi vexée de s’être fait réprimander comme une enfant. Elle se décrispa peu à peu grâce aux diverses tentatives de Kalan pour lui changer les idées et aux idioties de Criss. Ce jeune homme, fruit là encore d’une Talina peu coopérative, n’était pas très haut placé dans le cœur de Kalan les premiers jours. Malgré son intention louable d’aider Talina à découvrir ses pouvoirs et qui se solda par un superbe échec, le jeune garçon avait continué à leur tenir compagnie pendant les deux semaines. De jours en jours, Kalan l’accepta un peu plus et il fut même assez content que cet énergumène soit là pour changer les idées de sa protégée. Il se promit cependant de ne jamais divulguer ces pensées, pour ne pas subir les fanfaronneries d’un Criss qui se sentirait utile.

Il restait encore environ une heure de trajet. Le wagon était bondé comme tous les vendredis soir, les gens faisant leurs allés et venue de fin de semaine. Kalan n’avait pas eu assez d’argent pour acheter des places dans un box privé. Il aurait préféré prendre le moins de risques possible mais le budget nourriture, les frais d’hôtel et toutes leurs occupations avaient eu raison de la bourse conférée par Maximilien Daral.  J’ai gardé des enfants pendant deux semaines, songea Kalan en repensant à toutes les parties de cartes qu’ils lui avaient infligé.

Criss était affalé contre la vitre, dormant comme une masse, à l’inverse de Talina qui fixait les montagnes. Impossible pour Kalan de dormir, si proche de la fin de sa mission. Elle s’était incroyablement bien déroulée cette mission d’ailleurs : presque pas d’accroc avec Talina et aucune atteinte à sa sécurité, hormis le cas « Criss ». Il y avait cependant quelque chose qui n’arrêtait pas de trotter dans la tête de Kalan : pourquoi Talina n’a-t-elle pas réussi à faire résonner mon épée ?  Au cours des deux semaines à Mortetour, ils étaient retournés plusieurs fois au bord du lac pour faire des essais, sans succès. Cela avait d’ailleurs engendré une petite dispute lors du huitième jour entre Criss et Talina. Le jeune homme prenant ça très à cœur avait reproché à la chanteuse de ne pas y mettre du sien. Talina avait alors saisi des notes de Criss qui trainaient par terre et les avait jeté dans le lac, criant que de toute façon ce n’était pas de sa faute et que tout ça la gonflait, sous l’œil médusé du jeune historien. Kalan dû les séparer pour leur éviter de se battre et le surréalisme de cette scène devint un sujet de plaisanteries le soir même.

Alors que les pensées de Kalan vagabondaient, une secousse se fit sentir. Le train stoppa net et les gens alors debout durent se rattraper pour ne pas tomber. La locomotive assurant la liaison Vaelta - Mortetour n’était pas réputé pour sa douceur et seuls les habitués ne furent pas surpris de l’arrêt brutal de la machine. Criss se réveilla en sursaut.
« Aaaaaah ! Hum ... On est arrivé ?
- Non, le train est immobilisé, répondit alors Kalan calmement.
- Ah. ok. Comme d’hab’. » lança Criss avant de se rallonger. Talina sortit de ses rêvasseries.
« C’est moi ou ça ne vous choque pas plus que ça ? » Elle essaya de regarder par la fenêtre, sans grand succès. En se retournant elle remarqua que Kalan et Criss étaient en train de se moquer d’elle.
« Peut-être qu’il y a un grave problème, murmura Criss … Si ça se trouve le train va bientôt exploser et on va mourir. Carbonisés. Pfiouuut. De la cendre.
- T’es super marrant Criss, ironisa Talina, je te l’ai déjà dit ?
- Ne panique pas, fit Kalan avec un sourire en coin. Ça arrive souvent sur cette ligne. La côte est raide alors quand on voyage dans ce sens il arrive que le train ne passe pas le col si les machinistes ne préparent pas bien leur feu. Du coup y a pas assez de pression et ils plantent le train. Comme à dit Criss : un classique. Normalement de nouvelles locos vont être mises en service bientôt, mais si tu veux mon avis c’est pas ça qu’ils devraient changer …
- Toc toc. Ici Kalan le casseur d’ambiance. Je suis tellement rasoir qu’on m’appelle le barbier de la garde verte.
- Tu sais Criss, j’ai officiellement de droit de te découper sans procès-verbal. »

Vaelta fut en vue dix minutes plus tard. Le chemin de fer arrivait par le Nord et contournait toute la ville, la gare se situant à l’est. Au centre de cette immense ville, la grande cathédrale d’Endre. Une merveille d’architecture, le plus somptueux bâtiment de Nazel; voire du monde. Ce joyaux rutilait sous les lumières du soleil couchant d’un vert incomparable. Cette vue depuis le train ne manquait jamais d’attirer l’attention des passagers. Les lecteurs posaient leurs livres, les rêveurs quittaient leurs songes et les malchanceux assis du mauvais côté du train se levaient pour ne rien manquer du spectacle. Talina et Criss ne dérogèrent pas à la règle. L’édifice pouvait se targuer d’avoir traversé les cinq derniers siècles sans broncher, grâce aux huit milles tonnes d’Endre qui en façonnaient toute la structure. La cathédrale n’était à la base composée que de pierre et de bois et fut construite, d’après les historiens, soixante-quatre ans avant la chute de Fongi. Ce n’est que quatre ans plus tard que Coral Harvard décida de rajouter la structure en Endre, censée protéger toute la ville et ses environs. Mais ce n’est pas tant l’aspect historique qui fascinait les gens, sauf peut-être Criss. Kalan essaya d’observer les regards de ses deux camarades pour lire dans leurs pensées. C’était chose aisée avec Criss : son regard pétillant et son sourire ahuri le trahissaient bien souvent lorsqu’il se mettait à imaginer les siècles d’histoire traversés par telle ou telle chose. En revanche, la tâche s’avérait plus corsée avec Talina. Malgré deux semaines passée presque vingt-quatre heure sur vingt-quatre avec elle, Kalan n’avait pas réussi à percer son esprit. Il était pourtant à l’aise avec ce genre de chose. Depuis toujours très social, comprendre les autres était presque une seconde nature pour lui, mais Talina le plaçait dans l’impasse. En l’observant dans le train, il n’arriva pas à déterminer si cette vision de Vaelta provoquait chez elle de la peur ou de la joie. La réalité devait surement se placer entre les deux, mais cette armure que s’était construite l’Endéiste n’avait pas vraiment aidé Kalan à accomplir son travail.

La grande voute en treillis accueillit la locomotive Crampton. Les derniers rayons de soleils perçaient la voute de verre de la gare – du moins aux endroits où la poussière n’était pas assez opaque – et le train se vida péniblement. Entre la montagne de bagages et les quais trop étroits pour évacuer la masse de voyageurs, sortir de là leur prit une éternité. Chaque minute perdue pesait sur le calme de Kalan qui ne languissait que de terminer son escorte.
« Et maintenant ? demanda Criss. Bon là tout de suite, on va juste essayer de pas se faire piétiner, mais concrètement, qu’est-ce qu’il va se passer quand on aura livré Talina ?
- Je ne sais pas trop. Kalan hésita. Le protocole habituel : on va la mettre sous protection rapprochée, puis le temps que la paperasse se fasse on aura droit à une soirée de gala pour la présenter. Après je pense qu’elle suivra des cours et un entrainement intensif … C’est difficile de prédire plus.
- Surtout faites comme si je n’étais pas là hein.
- Mais est-ce que tu penses qu’ils pourront me faire une petite place ? demanda Criss en ignorant complètement Talina. Ils auront bien besoin d’un traducteur quelque pars non ? Ou d’un consultant en histoire ? Ou d’un scribe ? Ou de quelqu’un trier les documents ?
- Criss, tu es officiellement un gros con, râla Talina.
- Vous me fatiguez. Kalan soupira. Et tout ce monde qui n’avance pas ça commence à me gonfler. Je ne mets plus les pieds dans une gare avant longtemps, croyez moi. »
Enfin sortit de la gare, ils descendirent la rue jusqu’au « Safran » situé à deux pas de là. La rue pavée, une des plus large de Vaelta, permettait aux véhicules à vapeur de se croiser avec aisance. A mesure qu’ils se rapprochaient, le poids sur les épaules de Kalan s’amincissait tandis que Talina semblait de plus en plus accablée. Kalan poussa la porte d’entrée de l’hôtel et fît signe à Criss d’attendre dans le hall. Talina monta la première, un peu poussée par Kalan. Les lieux n’étaient pas bien luxueux et ne comptait que onze chambres à offrir aux voyageurs modestes.
Kalan frappa à la porte numéro sept. Il contempla sur celle-ci la moindre rayure, la moindre trace, le moindre craquèlement situé sous ses yeux. L’attente paru interminable.
Puis la poignée tourna.

Maximilien accueillit chaleureusement Kalan et avec les plus grands honneurs Talina. Le capitaine était un homme de droit, attaché aux protocoles et aux traditions. Kalan se souvint de sa cérémonie d’intégration au sein de la garde verte. Un vrai sacre, à l’ancienne, comme si il avait lieu avec trois siècles de retard. La garde verte était pourtant jeune, crée après que le corbeau ai tué sa femme, pour protéger les prochaines générations d’Endéistes.

Et pourtant ça n’a pas sauvé Judith.

Kalan chassa ses pensées noires pour profiter enfin d’un moment de relâchement. Enfin. Il s’assit dans l’un des fauteuil de cuir du salon, en face de son capitaine et à la gauche de Talina, coutume hérité des chevaliers du Vieil-Age, prêt à dégainer leurs épées sans encombres. Le capitaine servit un verre d’eau aux deux jeunes avant de s’installer.
« Je suis ravi de vous voir. Kalan, merci pour cette garde.
- L’Endre chante et je veille sur sa voix. Mes respects, capitaine.
- Trêve de bonnes manières, nous n’avons pas beaucoup de temps. Je ne vais pas passer par quatre chemins, je vous conseille de boire votre verre d’une traite et de m’écouter attentivement. »
Kalan s’exécuta et Talina, visiblement très mal à l’aise, ne toucha pas à sa boisson. Le capitaine enchaina.
« Ce que je vais dire à présent ne me rend pas fier du tout. Je ne voulais pas en arriver là, vraiment.
- Qu’y a-t-il capitaine ? Demanda Kalan qui sentait son cœur s’emballer.
- Le corbeau possède une ou plusieurs taupes au sein du gouvernement. Je ne sais pas encore qui, mais il est clair qu’il possède des associés. Depuis l’incident avec Judith, je suis resté prudent, mais je ne m’attendait pas à ce qu’une Endéiste se révèle aussi vite. J’ai été pris de court, c’est ma faute, je n’ai pas assez anticipé. Je suis désolé de devoir vous confier ce fardeau mais … »
Kalan compris. Il se tourna vers Talina. Elle avait le même regard que lors de leur première rencontre. Kalan était tiraillé par la rage et la peur.
« Vous n’avez pas le choix. Vous partez de cette ville vers l’endroit que tu juges le plus à même de lui apporter sécurité. Pas de date de retour, vous reviendrez quand le corbeau sera sous contrôle.
- Sauf votre respect monsieur, ce que vous nous demandez me parait …
- C’est un ordre. Il en va de sa vie », rétorqua le capitaine, impassible. Il se tourna ensuite vers Talina et enchaina d’un ton paternel.
« Je vais te raconter quelque chose. Sur mon grand-père. Mon grand-père a participé à la bataille de Tourétoile. Ce n’est pas grâce à lui que la révolution a été gagnée bien entendu, mais j’aime à croire que chacun d’entre nous à un rôle à jouer, à plus ou moins grande échelle bien entendu. Je te passe les détails, mais il se fit trancher l’avant-bras lors de la prise du palais royal. Il fut évacué et soigné dans l’immense salle à manger du palais. Il est resté là, alors que la guerre était terminée et que toute la ville festoyait. Mais au milieu des malades et des infirmiers, un homme est passé. Alvio Milour. C’était l’Endéiste qui faisait partie des rebelles. Quand il est arrivé au niveau de mon grand-père, il s’est baissé et lui a demandé ce qu’il aimait dans la vie. Mon grand-père l’a regardé et, un peu étonné et impressionné, il lui a répondu tout simplement : « J’aime une fille, mais elle ne m’a jamais remarqué ». Mon grand-père m’a raconté que Alvio a souri, qu’il s’est relevé et qu’il est parti voir d’autres blessés. Quelques jours plus tard, il est revenu. Ils devaient être encore une cinquantaine dans la salle, les blessés légers et ceux irrécupérables étant déjà partit. Plusieurs personnes l’accompagnaient. Il est revenu au chevet de mon grand-père et a sorti un bras en métal. En Endre. Il l’a délicatement posé à la place de l’ancien, puis il s’est mis à chanter. Mon grand-père n’a pas retenu les paroles, mais la mélodie ne le quitta jamais. Alvio Milour s’est relevé, puis a adressé la parole une dernière fois à mon grand-père. « Je pense que cette fille te remarquera maintenant ».
Tu as un don Talina. Cette chose que tu possèdes, ça te rends extraordinaire. Tu n’es pas comme nous, tu es plus importante. Avec ta voix, tu pourras accomplir des choses que tu n’imagines pas. Tu peux rendre ce monde meilleur et protéger ceux qui te sont cher. Evidemment que ça ne plaira pas à tout le monde. Certains voudront te voir disparaître, d’autres te convoiteront. Mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ? »
Talina s’effondra. Kalan en avait assez de la voir dans cet état et de ne pas pouvoir l’aider.


La jeune femme descendit les escalier la tête baissée sans attendre Kalan. Bon nombre de questions trottaient dans sa tête, et chacune des réponses était lourde en conséquences. Quand il sortit du « Safran », Talina était appuyée contre un mur, le regard vide et Criss semblait dans tous ses états. Il vint à la rencontre de Kalan sitôt qu’il l’aperçut.
« Il s’est passé quoi là-haut ? Demanda Criss affolé.
- On doit partir. Encore. Et on ferait mieux de se dépêcher d’après mon capitaine. Bref. Criss, tu vas te rendre utile.
- Utile ? » Il ne saisit pas le sens des mots de Kalan.
Celui-ci s’approcha de Talina et il lui releva la tête.
« Je sais que je ne peux pas te demander ça, mais on doit y aller. »
Talina ne répondit pas.
« Une mancelle nous a été affrétée. Elle nous emmènera à la gare, expliqua Kalan.
- D’accord » fit elle alors d’une voix à peine audible.
Il y eu un autre silence. Au bout de quelques secondes, Kalan barbouilla.
« Si tu veux, je pense qu’on peut faire un détour … »
Les yeux de Talina s’illuminèrent. C’était plus que ce qu’elle aurait pu espérer. Elle souleva les cheveux qui encombraient son visage avant de se relever.
« Kalan … Merci. »

Le véhicule se gara dans l’artère principale et Kalan et Criss accompagnèrent Talina jusqu’à sa boutique. Les maisons qui encadraient la ruelle pavée étaient toutes tordue, plongeaient en avant et semblaient pouvoir s’effondrer d’un instant à l’autre. En dépit de leur forme, elles étaient relativement bien entretenues et les parties en bois qui les composaient n’étaient pas trop rongées par le temps. Ils s’arrêtèrent devant une échoppe gardée par un chien aussi vieux et tordu qu’elle. « C’est ici.» fit Talina. Kalan regarda à travers la vitrine pendant qu’elle récupérait ses clefs dans son sac et que Criss caressait le chien. « Il est dangereux ? » demanda-t-il en ébouriffant le pelage de l’animal avec vigueur. Talina esquissa un sourire.
« Il était déjà là avant que je naisse. Ma grand-mère lui a donné à manger un jour et il est resté. A mon avis, tu pourrais le tuer en criant assez fort. » Elle ouvrit la porte et une clochette scintilla. L’intérieur de la boutique était bourré de chapeaux ainsi que de quelques écharpes et foulards. Talina passa derrière le comptoir et disparu par une petite porte. Kalan la rattrapa dans la remise. « Je passe devant, on ne sait jamais. Je t’appelle si il n’y a pas de problème. » chuchota Kalan à l’encontre de Talina. Sitôt qu’il posa son pied sur la première marche de l’escalier, celui-ci grinça de façon terrible. Il en fut de même à mesure qu’il monta, dans un crescendo de vieux bois frottant et peinant pour ne pas se briser. Alors qu’il arrivait à l’étage, la porte d’entrée de l’appartement s’ouvrit brusquement. Un homme apparu. Il était assez vieux et sa mine était triste. En voyant Kalan, il fut surpris.
« Qui êtes-vous ?
- Monsieur Vivaux, je m’appelle Kalan Coediban, je suis membre de la garde verte. »
Une larme coula sur sa joue.
« Je … oui très bien … Une amie à elle m’a prévenu et … C’est donc officiel … ?
- Je me doit de vous en informer, mais comme vous avez du remarquer son identité n’a pas été révélée pour sa sécurité. Vous ne devrez en parler à personne.
- Oui… c’est … compréhensible. Où est-elle ?»
L’escalier gronda de nouveau. Talina bouscula Kalan en se précipitant vers son père.

Kalan se retira et rejoignit Criss resté dans la boutique. Quand il entra dans la pièce, il vit Criss en train d’essayer les chapeaux les plus farfelus.
« Alors ? demanda le jeune homme tout en ajustant son bibi en paille.
- Ils se disent au revoir.
- En tout cas c’est sympa de ta part d’avoir proposé ce détour. Vraiment. Ça m’étonne presque en fait …
- On ne sait pas pour combien de temps on part et je ne suis pas un monstre. »
Au bout de quelques minutes, un grincement sourd se fit entendre. Talina reparu, les yeux humides. Kalan referma la porte de la remise derrière elle.
« Maintenant ton père est au courant, prévint-il. Lui et ton amie, cela fait au moins deux personnes. Elle a aussi dû en parler autour d’elle donc d’ici peu, tout le monde connaitra ton nom. On va devoir t’en trouver un nouveau et faire quelque chose pour ta tignasse. Ça te va ?
- Oui … Je peux emporter un chapeau pour cacher mes cheveux. Et aussi j’avais pensé … On pourrait aller à Lumille, j’ai une amie qui pourrait surement nous héberger là-bas …
- Trop risqué, déclina Kalan. On doit éviter tes connaissances ainsi que les miennes. Il faut qu’on aille chez quelqu’un dont personne ne soupçonne l’existence.
- C’est-à-dire ? demanda Criss.
- Chez toi. »
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